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14 nov. 2011

Alain Bondeele : Communication concernant la laïcité




Communication du 5 novembre 2011 concernant la laïcité devant le comité central de la LDH.

       La question de la laïcité se pose de nouveau de manière aiguë tant à cause des obstructions violentes apportées par des intégristes catholiques aux représentations de la pièce de Castellucci au théâtre de la Ville, obstructions portant gravement atteinte à la liberté d’expression dans un Etat où le blasphème n’est pas un délit ; ou bien, sans qu’on puisse désigner pour l’instant les coupables, quand l’incendie des locaux de Charlie Hebdo nous rappelle la pièce de Dürenmatt « Bidermann et les incendiaires » par laquelle l’auteur, se souvenant de l’incendie du Reichstag, nous mettait en garde sur la gravité de ce mode criminel de mise en tension dans une société en crise ; l’hebdomadaire satirique s’apprêtait à publier un numéro intitulé Charia Hebdo dédié à la montée du parti religieux Ennhada lors des élections tunisiennes, numéro rédigé comme si le prophète lui-même était le rédacteur en chef, exprimant ainsi par la dérision la profonde inquiétude que ces résultats électoraux soulèvent sur les deux rives de la Méditerranée. Pour compléter le tableau de l’actualité en matière de laïcité, les déclarations de Christine Boutin pour que l’enseignement du genre soit retiré des programmes de l’enseignement secondaire pose le problème du statut et de la scientificité des savoirs à l’école et de leur indépendance par rapport à l’appareil d’État ; comme les déclarations d’Elizabeth Badinter, quelles que soient les réactions qu’elles provoquent, interrogent sur l’instrumentalisation de la laïcité par la droite traditionnelle et l’extrême droite, en rupture avec une longue tradition ; comme la manière dont les décisions du Conseil d’Etat du 19 juillet favorables au financement public des lieux de culte ou installations périphériques au culte ont été perçues par certains militants de la laïcité comme «  l’ouverture de la boîte de Pandore ». Tout ceci nous interpelle vivement mais de manière confuse et pour trouver à cet ensemble disparate une explication et une cohérence, je propose d’analyser :

1)   Le nouveau paysage religieux et areligieux dans un monde social et politique en crise.
2)   Dans ce contexte, quelle pertinence pour quelle laïcité ?
3)   Spécificités des positions de la LDH dans ce domaine et raisons de cette spécificité.
Enfin, quelques propositions en forme de conclusion provisoire.

1. Le nouveau paysage religieux et areligieux dans un monde social et politique en crise.

1.1. Se dessine un nouveau paysage religieux et areligieux majoritairement sécularisé où les sans-religion deviennent progressivement majoritaires et le revendiquent, ce qui constitue un tournant. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte où la crise exaspère les tensions et mine la capacité de tolérance, ce qui ouvre les portes au simplisme, à la démagogie et au populisme.

1.2. Deux processus contraires simultanés et en tension :
1.2.a. sécularisation accrue de la majorité croissante des Français pour qui les religions, leurs fidèles et leurs valeurs deviennent un sujet d’exaspération et dont la surexposition médiatique est jugée, non sans raison parfois, anachronique.
Tout se passerait pour le mieux si tout le monde commençait à accepter plus ou moins ce type de principe : « La prétention de certaines religions à enfermer une fois pour toutes les valeurs et les normes qui définissent la nature de l’humanité en un dogme intangible qui prétend à l’universalité, est irrecevable. Reconnaître par contre qu’un travail continu d’examen critique et de redéfinition des valeurs dans un monde qui change est indispensable ; à partir des rythmes et des temporalités propres à chaque individu et à chaque groupe, construire «  une concordance des temps » entre tous ceux qui vivent sur le territoire de la République et constituent son  « laos », est la tâche de tous aujourd’hui et maintenant ».
À supposer que ce type de laïcité généreuse qui paraît par ailleurs indispensable soit reçu, il s’en faut qu’on puisse la faire partager, sachant d’autre part qu’on ne peut en faire pour autant une doctrine d’État.

1.2.b. Simultanément, pour de petites minorités au contraire, on constate un retour vers la religion ; parce qu’il s’inscrit à contresens du mouvement général de sécularisation, ce mouvement contraire qui fait que des jeunes dont les ancêtres ont été musulmans sont plus nombreux que dans les générations précédentes à se convertir individuellement à l’Islam, apparaît comme un problème ; de même les progrès des conversions évangélistes au sein des populations dont les ancêtres sont venus d’Afrique subsaharienne.

1.2.c. Le phénomène paraît s’aggraver quand les pratiques religieuses revendiquées ou affichées par les nouveaux convertis risquent, comme le montre Leïla Babès dans son livre « Le voile démystifié » paru aux éditions Bayard en 2004 et toujours d’actualité, de les séparer et de les enfermer, ce qui n’est pas une vue de l’esprit en ce qui concerne le foulard dit islamique. L’auteure souligne que sous prétexte de religion, il s’agit en fait de cacher les femmes et donc d’empêcher la possible expression du désir des hommes, ce qui est une question d’éducation et d’éthique, et pas de religion. Même si d’autres justifications existent, cette approche anthropologique ne peut être évacuée.
       Il existe là un dissenssus entre celles et ceux pour qui l’expression de l’identité sexuelle et du désir est légitime dans la société si l’on veut établir une complète égalité, alors que cette expression était réservée autrefois aux seuls hommes hétérosexuels ; ce bouleversement des mœurs ne concerne pas seulement les musulmans mais apparaît plus fortement quand l’islam devient visible, puisqu’il est totalement opposé à l’ethos que les musulmans se croient obligés d’observer en la matière. Face aux régressions toujours possibles, les droits des femmes doivent être défendus et réaffirmés.
Par ailleurs, il est possible que ce retour du religieux cache aussi un refus de la modernité et de ses contraintes pour lesquelles le temps n’est plus celui du salut par la religion entre création et jugement, mais celui de l’histoire de l’univers dans laquelle s’inscrit l’histoire de l’humanité commune à tous. Ceci concerne toutes les religions du salut. Ce qui rend un peu plus difficile la construction d’une « concordance des temps ».

1.3. Une double montée des intolérances :

1.3.a. De la part d’abord d’une petite partie de ceux qui appartiennent aux minorités religieuses, terme qui concerne aujourd’hui les croyants ou pratiquants de toutes les religions ; c’est précisément parce qu’ils n’entendent pas devenir ce qu’ils sont devenus dans les faits, des minoritaires vis-à-vis du contexte général, que certains réagissent violemment, comme si le refus du temps qui passe et le déni des réalités étaient devenus pour eux des attitudes régulières ; ils ont tendance à exiger de faire respecter intégralement les normes qui leur sont propres comme au temps ou dans les lieux où les normes religieuses étaient normes d’État. Lutter au besoin par la violence contre la liberté d’expression dès qu’elle s’en prend aux religions même par l’humour et la dérision, leur paraît admissible sinon légitime, ce qui mine gravement l’ordre public et la paix civile.
Cette violence est d’autant plus insupportable dans une République qui depuis 1905 « garantit » le libre exercice des cultes religieux en privé et en public et qui ne cesse depuis lors d’agir en ce sens, comme le montrent les récentes décisions du Conseil d’Etat.

1.3.b. Mais en face, et c’est beaucoup moins facile à entendre pour nous à la LDH et dans le camp laïque en général, se manifeste une intolérance croissante de la majorité des sans-religion que les expressions publiques de la religion, jugées archaïques, incommodent.
Cette majorité verrait bien restreindre l’expression publique des cultes garantie par la loi, loi qu’elle ignore en grande partie ; dans ce contexte, cette nouvelle majorité de sans-religion, relativement peu cultivée quant à l’histoire et aux enjeux de la laïcité, pourrait être séduite par une vision simplifiée laïciste antireligieuse de la laïcité. Non sans péril pour la démocratie.
Et Marine Le Pen par calcul politique et pour ratisser large, tournant le dos à la minorité catholique intégriste constitutive du FN depuis ses débuts, revendique elle aussi la laïcité dès lors qu’elle stigmatise les musulmans.

1.4. Le cas particulier de l’Islam.
1.4.a. Proportion croissante de conversions à l’Islam parmi celles et ceux dont les ancêtres étaient musulmans. Affichage, visibilité, ressentis parfois à l’extérieur comme une provocation.

1.4.b. Comment à la fois éviter les simplifications mais néanmoins faire le lien avec l’ailleurs ? A condition de ne pas oublier la phrase de Vincent Geisser et Françoise Lorcerie dans leur « Étude sur le 3°arrdt de Marseille, fondation G. Soros », « Être musulman est considéré comme une catégorie sociale et relève dans ce contexte plus d’une étiquette que d’une catégorie religieuse ».

Sans tomber dans les analyses simplistes,  le rôle de conservateur de l’état social patriarcal et hiérarchique que certains États du golfe et l’Iran parmi d’autres, entendent faire jouer à la religion islamique est incontestable, comme le sont les moyens qu’ils déploient pour atteindre ce but à l’intérieur ou à l’extérieur de leurs Etats au détriment de toute démocratisation possible. Il existe d’autre part un islamisme politique qui rêve d’imposer et de faire triompher partout l’Islam et ses normes sociétales à n’importe quel prix.

 Connaissant ces difficultés, lutter ici et ailleurs contre les discriminations s’impose donc plus que jamais.
De plus il faut reconstruire une école et des savoirs déliés des religions qui permettent à toutes et tous d’acquérir et consolider la faculté de juger et, au besoin, de s’émanciper, seule solution démocratique. La passion la plus utile contre les intégrismes est la volonté de connaître, de comprendre, de savoir afin de penser et de juger. A nous de susciter ou de ressusciter cette passion intellectuelle et politique.


2. Dans ce contexte, quelle pertinence pour quelle laïcité ?

2.1. La tentation d’une laïcité simplifiée exclusive.

a) Le choc créé en 1989 à Creil par la revendication par trois élèves de porter un foulard qui les identifie comme musulmanes au sein du collège public où elles étaient scolarisées n’a pas permis l’indispensable analyse de sang froid mais a déclenché des réflexes seulement défensifs dont nous ne parvenons toujours pas à sortir.

b) On se contente volontiers maintenant d’un roman républicain simplifié qui narre l’édification d’une République imaginaire et ce grâce à la laïcité de 1789 à 1905, ce qui conduirait « naturellement » à la société actuelle où la religion est devenue facultative.
Allant au-delà de la loi de 1905, il faudrait poursuivre la lutte contre les religions en limitant et confinant leur expression à l’espace privé.
Il faudrait défendre exclusivement l’école publique laïque telle qu’elle est sans aucune remise en cause et lui donner ou lui rendre un quasi monopole dans la transmission des savoirs.

c) Ce discours séduit à gauche, à droite et à l’extrême droite puisque, au passage, il marginalise l’Islam et les musulmans. Ce discours envahit les associations et les partis et risque de devenir la doxa en matière de laïcité lors des prochaines campagnes électorales.

Ce discours apparaît dangereusement consensuel alors qu’il fait complètement l’impasse sur l’histoire réelle et la complexité, la subtilité pour ne pas dire l’intelligence que suppose la laïcité et de ce fait il asphyxie la démocratie.

2.2. Un paysage en ruines. Pour nous résumer :
2.2.a. Sécularisation croissante à tendance antireligieuse.
2.2.b. Repli simultané des minorités musulmanes et évangélistes en particulier vers des formes de religion intégrales et intransigeantes qui aggravent leur marginalisation.
2.2.c. Intolérance accrue vis à vis de la libre expression critique, humoristique à sujet religieux de la part des adeptes des religions en général qui refusent de devenir ce qu’ils sont désormais, des minorités.
2.2.d. Printemps arabes dont on redoute qu’ils soient dévorés par l’islamisme, mais cette crainte ne trahit-elle pas, une nouvelle fois une incapacité d’analyse et un grave manque de sang-froid ?
2.2.e. Face à ces périls aussi réels qu’insuffisamment analysées, restauration d’une laïcité de combat de type communautarien républicain antireligieux.
2.2.f. Et symétriquement, retour ou recours pour résoudre l’évidente crise de l’école au monopole des savoirs et de leurs transmissions par la République, à l’opposé exact des propositions fondamentales de Condorcet dans les « Cinq mémoires sur l’instruction publique ». 


3. Spécificités des positions de la LDH dans ce domaine et raisons de cette spécificité.

3.1. Face à ces dérives inquiétantes, il est nécessaire de restaurer un travail continu de laïcisation comme processus d’agencement des individus et des groupes « même religieux » au sein d’un laos qui puisse construire une démocratie inclusive (ou mieux une « laocratie » ?) fondée sur le débat, sur le respect des droits, sur la complexité des espaces, des places, des positions et des rôles, sachant qu’il existe bien une opposition public/privé mais qu’elle ne peut se réduire à la simple transposition géométrique espace privé/espace public. Et rappeler avec insistance que la loi de 1905 achève et confirme la mise en place d’une société civile esquissée en 1789, interrompue en 1791 par la loi Le Chapelier et réintroduite à partir de 1880, indépendante de l’Etat et ouverte à toutes les expressions « même religieuses ».

3.2. Cette société civile se déploie dans son espace propre, l’agora, qui se distingue de l’espace public de l’Etat mais qu’on ne saurait enfermer dans des limites géométriques sachant que selon les circonstances et les rôles individuels le même espace peut devenir espace public de l’Etat ou espace public de l’agora. Pour saisir cette complexité une analyse fine de la topologie complexe pédagogique, administrative, juridique et politique de l’espace scolaire public par exemple, serait indispensable. L’espace privé se subdivise lui-même en espace privé des groupes ou des familles et espace intime des individus. Seules la subtilité et le sens des nuances peuvent rendre compte de la complexité de ces topologies juridiques, sociales, civiles et politiques, complexité indispensable à la respiration démocratique.

3.3. La laïcisation continue suppose aussi trois séparations simultanées, dont la troisième est souvent occultée : si tout le monde admet que la séparation de l’Eglise catholique et de l’Ecole publique entre 1881 et 1886 déliant définitivement le croire et les savoirs, a précédé et rendu possible la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905 entre croire et pouvoir, on ignore le plus souvent que l’instruction seule est obligatoire, pas l’école ; Ferry et Buisson n’oublient pas les principes de Condorcet : le partage du sensible et de l’intelligible, l’accès à la faculté de juger grâce à l’école sont des moyens pour chaque individu d’accéder à sa propre humanité de manière consciente, de s’émanciper s’il l’estime nécessaire des appartenances héritées et de pouvoir exercer avec ses concitoyens sa part de souveraineté politique. L’école publique laïque est une proposition avantageuse pour les parents par son caractère gratuit, non une obligation ni un monopole.
L’Etat doit être rigoureusement séparé des savoirs, la vérité ne lui appartient pas, si l’on veut éviter de sa part toute dérive tendant à l’endoctrinement. Les savoirs et le pouvoir ne peuvent être dans le même camp sans mettre gravement en péril la démocratie. Il s’agit de fonder la liberté et l’égalité sur le partage des savoirs pour émanciper, même de l’Etat si nécessaire. Condorcet, mathématicien secrétaire de l’Académie des sciences, rêvait d’une complète indépendance des savoirs comme instrument de l’égalité et garant de la liberté et du progrès. En conséquence une doctrine, une idéologie d’Etat, une morale laïque générale, une valeur commune subsumant toutes les autres et s’imposant à tous s’ils veulent faire partis de la République, sont irrecevables et à proscrire en démocratie, contrairement à la tradition laïque du communautarisme républicain.

3.4. Les raisons de notre combat :

a) La liberté religieuse n’est pas l’objectif, mais un des aspects, aujourd’hui mineur, de la liberté de conscience et de l’autonomie de chacun. L’objectif est de permettre l’acceptation et l’accueil inconditionnel des autres et de nous-mêmes dans la pluralité des individus et des groupes qui devient un principe, l’unité n’étant pas un préalable mais la perspective lointaine.
Il faut toujours rappeler à ce sujet qu’en France le pluralisme religieux est la matrice du pluralisme politique depuis les guerres de Religion et il faut prendre en considération l’acharnement que mettent Briand, Jaurès et Clémenceau à maintenir la continuité du service pluriel des cultes après 1905, quand l’Eglise catholique ne parvient pas, quoi qu’elle fasse, à se mettre hors-la-loi, grâce à l’exceptionnelle intelligence politique et à la souplesse ingénieuse de ce gouvernement Rouvier. En parfait protecteur de la démocratie, le conseil d’Etat aujourd’hui comme hier a toujours interprété très libéralement une loi libérale à l’origine comme le soulignait en 2005 Patrice Rolland.

b) Ensuite le passage obligé est celui de la reconnaissance au sens hégélien de la singularité des individus et des groupes à la suite de leur accueil et de leur acceptation, sachant que reconnaissance ne signifie pas approbation inconditionnelle des valeurs nouvelles, mais leur prise en considération. L’étape suivante est celle de la coopération : toutes et tous, dès lors qu’ils résident sur le territoire de la République sont appelés à coopérer et partagent, de fait, une part de citoyenneté.

c) Les valeurs communes sont restreintes et suffisent à l’élaboration de la loi et du droit ; elles ne disqualifient pas les valeurs particulières mais les déplacent hors de l’universalité ; ces valeurs communes comprennent des éléments fondamentaux faute desquels une société risque la déshumanisation, mais au cours du temps certains éléments s’effacent et disparaissent : sans être infidèle à son passé l’espèce humaine ne cesse de projeter et de redéfinir son humanité.


Quelques propositions en manière de conclusion provisoire :

1° En bonne laïcité, il n’existe pas d’essence ou de substance du religieux qui donnerait aux religions un pouvoir ou une puissance qui leur soit propre, mais seuls existent des hommes et des femmes qui subissent les religions ou qui s’en saisissent, parfois à des fins identitaires ou politiques. Symétriquement il n’existe évidemment pas de substance de la laïcité.

2° Il faut accepter et tenir compte du fait que certains êtres humains définissent leur humanité à travers leur religion ; au pays de Pascal, d’Emmanuel Lévinas de Paul Ricœur parmi beaucoup d’autres, ignorer cette dimension de l’humanisme religieux serait faire preuve d’aveuglement, de partialité ou de méconnaissance ; d’autant que E. Durkheim, Lévy-Bruhl, M. Mauss, Griaule, G.Tillon, C. Lévi-Strauss et G.Balandier parmi beaucoup d’autres n’ont cessé d’enrichir l’anthropologie française par l’étude  des traditions, religieuses entre autres. Mais d’autres êtres humains au contraire sont incommodés par le seul mot de religion ; et la majorité est devenue aujourd’hui indifférente à ces querelles ; néanmoins tous ont à vivre ensemble et à coopérer.

3° L’agencement des individus et des groupes dans l’unité du laos, le peuple indistinct, visé par le travail continu de laïcisation, doit laisser un peu de jeu, laisser des interstices, ne pas tout régler minutieusement, pour que l’ensemble puisse rester souple et dynamique.

4° Le travail continu de laïcisation permet de passer de l’unité donnée par la foi en une révélation religieuse supposée communément acceptée à une unité construite par la loi élaborée et acceptée par tous dans leur pluralité. Cette laïcisation suppose la patience, le labeur, beaucoup de discernement et de subtilité. La créativité commune et l’espérance qu’elles engendrent sont à ce prix.


3 juin 2011

Cessons la guerre aux porteuses de foulard !

Depuis la loi du 15 mars 2004 interdisant l'école publique aux élèves musulmanes portant le foulard, des exclusions se sont multipliées, non seulement à l'encontre des élèves mais aussi à l'encontre des mères d'élèves, que ce soit pour l'accompagnement des sorties scolaires ou pour la participation à des réunions au sein de l'école.

Malgré un avis de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité), rappelant que l'interdiction du foulard ne s'applique pas aux parents d'élèves, le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel, a annoncé son intention d'instaurer par décret cette nouvelle discrimination. La proposition vient d'être reprise dans le programme de l'UMP pour 2012 - parmi 26 propositions tout aussi inquiétantes, légalisant notamment la discrimination à l'embauche contre les femmes portant le foulard, y compris dans le secteur privé !

Ces mesures obéissent à une même logique de stigmatisation et d'exclusion, en rupture complète avec les principes laïques tels qu'ils ont été fixés par la loi de 1905 et les lois Ferry-Goblet sur l'école.

Nous refusons ce détournement de la laïcité, qui s'inscrit dans une série interminable d'offensives : loi anti-foulard, loi anti-niqab, débat sur l'identité nationale, stigmatisation des prières de rue, des minarets et des menus halal, invectives de Nicolas Sarkozy sur "l'égorgement du mouton" et de Claude Guéant sur le "trop grand nombre" de musulmans, "débat sur l'islam" rebaptisé "débat sur la laïcité", appels à généraliser l'interdiction du foulard aux usagers des services publics...

Nous refusons cette logique de guerre et de mise au ban, qui désigne les femmes portant le foulard comme des pestiférées, tend à les disqualifier aux yeux de leurs propres enfants, et leur adresse ce message implicite : "Restez dans vos cuisines !"

Parce que l'école publique ne doit pas choisir son public, parce qu'elle doit être un lieu de rencontre et non d'exclusion, parce qu'elle doit promouvoir le droit à la différence et non le mépris de l'autre, parce que nous tenons au principe de laïcité, aux libertés individuelles et à l'égalité de traitement, parce qu'un Etat démocratique n'a pas à imposer à ses citoyens leur manière de s'habiller, parce que ce sont une fois de plus des musulmans, et une fois de plus des femmes, qui sont discriminés, nous serons, dans les mois qui viennent, femmes et hommes, avec ou sans foulard, solidaires pour défendre un droit élémentaire. Celui du droit pour une femme portant un foulard de vivre, travailler et s'impliquer aussi pleinement qu'elle l'entend dans la scolarité de ses enfants, au même titre que n'importe quel autre parent.

Sans attendre 2012, nous exigeons l'abandon pur et simple du projet Chatel, et l'arrêt de ces exclusions illégales.

Jean Baubérot, sociologue ;

Esther Benbassa, historienne ;

Christine Delphy, sociologue ;

Eric Fassin, sociologue ;

Eric Favey, secrétaire national adjoint de la Ligue de l'enseignement ;

Nacira Guénif, sociologue ;

Jacques Rancière, philosophe ;

Joël Roman, philosiphe ;

Françoise Vergès, politologue ;

Olivier Besancenot, membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ;

Alima Boumedienne-Thiéry, sénatrice (Europe Ecologie-Les Verts) ;

Patrick Braouezec, membre de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE) ;

Cécile Duflot, porte-parole nationale d'Europe Ecologie-Les Verts ;

Ilham Moussaïd, responsable d'Agir pour la justice, contre le racisme, l'exclusion et la violence (AJCREV) ;

Christine Poupin, porte-parole nationale du NPA ;

Ismahane Chouder, secrétaire du Collectif des féministes pour l'égalité (CFPE) ;

Collectif Mamans toutes égales (MTE).

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Voir trois articles de Jean Bauberot :


02/06 IDÉES
Cessons la guerre aux porteuses de foulard !
Elles ont aussi le droit aux sorties scolaires. Depuis la loi du 15 mars 2004 interdisant l'école publique aux élèves musulmanes portant le foulard, des exclusions se sont multipliées, non seulement à l'encontre des élèves mais aussi à l'encontre des mères d'élèves, que ce soit pour...
31/05 IDÉES
La laïcité instrumentalisée
Le débat sur l'islam, rebaptisé "débat sur la laïcité", lancé par l'UMP à la suite du calamiteux débat sur l'identité nationale, a semblé être un échec à cause des oppositions qu'il a suscitées. Mais si l'UMP a perdu une bataille, ce parti, dans sa dérive vers la droite dure, pourrait bien...
12/03
Une décision « républicaine » aux effets pervers €
Comme s'il ne voulait pas être en reste, Luc Chatel, le ministre de l'éducation nationale, n'a pas attendu les conclusions de la convention de l'UMP sur la laïcité et l'islam prévues le 5 avril pour apporter sa réponse « républicaine » à une question qui, de manière récurrente quoique rarement...

3 avr. 2011

Laïcité : pas de faux débats, rien que de la loi

Manifeste des associations et organisations laïques
Les faux débats lancés sur l’Islam et la Laïcité sont lourds de menaces dès lors qu’ils instrumentalisent des peurs et stigmatisent des citoyens.

Il n’y a pas de débat à ouvrir sur l’Islam ou sur d’autres religions. La République n’a pas à juger du contenu des croyances. L’Etat a mission de faire appliquer la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, le principe d’égalité des droits, et non d’encourager le communautarisme.

Les manquements graves aux principes de Laïcité, à l’origine des atteintes à la citoyenneté républicaine, sont la conséquence des compromissions, des transgressions qui se sont succédées depuis de longues années, et des atteintes aux droits économiques et sociaux. Les partis républicains doivent prendre leurs responsabilités.

Il n’y a pas de faux débats à ouvrir sur la Laïcité, mais à faire appliquer la loi de 1905, toute la loi de 1905, rien que la loi de 1905.

Paris, le 31 mars 2011

Arab Women’s Solidarity Association France Association EGALE Association Laïcité-Liberté Association Le Chevalier de la Barre Association Libres MarianneS Association des Libres Penseurs de France Centre d’Action Européenne Démocratique et Laïque Comité Laïcité République Comité Valmy Conseil National des Associations Failiales Laïques Fédération française de l’Ordre Mixte International « Le Droit Humain » Fédération Nationale de la Libre Pensée Grand Orient de France Grande Loge Féminine de France Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm Grande Loge Mixte de France Grande Loge Mixte Universelle Les Comités 1905 Ligue des Droits de l’Homme Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme Loge Nationale Française Observatoire International de la Laïcité Contre les Dérives Communautaires Regards de Femmes Solidarité Laïque SOS Racisme Union des Familles Laïques

Voir le site

13 janv. 2008

Vie privée, vie publique, République et laïcité

L’éditorial de Jean-Pierre Dubois, président de la LDH – LDH Info n°172 décembre 2007



2007 s’est achevée dans un climat exaspérant pour les défenseurs des droits, de la citoyenneté et de la république laïque, démocratique et sociale que nous sommes.

Exaspérante, la vulgarité clinquante qui étale la fortune et les bonnes fortunes du monarque dans le style des pires feuilletons télévisés, jusqu’à retrouver le premier magistrat de la République coincé entre Paris Hilton et Britney Spears à la une d’un de ces hebdomadaires qui semblent devoir servir de chroniqueurs du quinquennat. Au-delà d’une personnalité « décomplexée », la dégradation de la représentation politique se révèle crûment dans la mise en scène de cette dolce vita élyséenne.


Exaspérante et plus intolérable encore, cet autre mélange « vie privée, vie publique » qui installe des convictions religieuses personnelles au cœur de la représentation de la République. Le nouveau « chanoine de Latran », concédant que la laïcité est « un fait incontournable dans notre pays », confesse « les souffrances que sa mise en œuvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905 » et proclame que « la laïcité […] n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû […] Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale, et dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire. »

Voici donc cette fameuse « identité nationale » éclairée par celui qui en a fait un objet de ministère : « la République a intérêt à ce qu’il existe […] une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. »

Oui, vous avez bien lu : seules les croyances religieuses peuvent vacciner contre le fanatisme. On ne sait qu’admirer de la lucidité du regard porté sur notre monde ou de la richesse de la réflexion sur le passé, pourtant facilitée par le lieu même où il s’exprimait, que révèle chez le « Président-chanoine » cette métaphysique fort peu républicaine.

Mais qui assurera l’imprégnation dans les consciences de cette « religion civile catholique » ?

« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.» Reste à indiquer à « l’instituteur » comment le « Président-chanoine » souhaite qu’il « s’approche » du pasteur et du curé ; on espère qu’il n’ira pas jusqu’à préconiser « la radicalité du sacrifice de sa vie », le suicide du martyr ne semblant pas avoir fait toutes ses preuves dans la lutte contre le fanatisme.

Il nous faut, dans notre critique des dégâts démocratiques de ce début de mandat présidentiel, prendre la mesure d’une perte des repères qui menace tous les aspects de la vie civique et de l’éthique républicaine. Cela suppose une réflexion approfondie sur les changements sociaux et culturels qui rendent la tâche à la fois plus difficile et plus indispensable. Les réflexions riches et nombreuses de nos derniers Congrès sur la laïcité en ce début de XXIème siècle nous y aideront.

Bonne année, « laïque, démocratique et sociale », à toutes et à tous…

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6 janv. 2008

Laïcité : les cinq fautes du président de la République

Par Henri Pena-Ruiz, philosophe, professeur, écrivain, ancien membre de la commission Stasi sur l'application du principe de laïcité dans la République. Derniers ouvrages parus : Qu'est-ce que la laïcité ? (Gallimard) et Leçons sur le bonheur (Flammarion).

Nicolas Sarkozy a prononcé au Vatican, un discours choquant à plus d'un titre. Soutenir, en somme, que la religion mérite un privilège public car elle seule ouvrirait sur le sens profond de la vie humaine est une profession de foi discriminatoire. Il est regrettable qu'à un tel niveau de responsabilité cinq fautes majeures se conjuguent ainsi.

Une faute morale d'abord. Lisons : «Ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent.»

Dénier implicitement l'espérance aux humanistes athées est inadmissible. C'est montrer bien peu de respect pour ceux qui fondent leur dévouement pour la solidarité ou la justice sur un humanisme sans référence divine. Ils seront nombreux en France à se sentir blessés par de tels propos. Était-ce bien la peine de rendre hommage au jeune communiste athée Guy Môquet pour ainsi le disqualifier ensuite en lui déniant toute espérance et toute visée du sens ? En fait, monsieur le président, vous réduisez indûment la spiritualité à la religion, et la transcendance à la transcendance religieuse. Un jeune héros de la Résistance transcende la peur de mourir pour défendre la liberté, comme le firent tant d'humanistes athées à côté de croyants résistants.

Lire la suite : Le Figaro

28 mai 2007

Une petite action laïque de banlieue

En pleine période électorale, il m’a semblé utile de mettre sur le Forum de la LDH une information sur une petite initiative locale à Vitry/ Seine 90 000 h , où l’on voit que la défense de la laïcité devient aussi une action d’ordre politique.

Début mai, une association de Vitry –sur- Seine a passé le communiqué ci-dessous,

Les pauvres paieront-ils l’école privée des riches ?

Si des parents retirent leur enfant de l’école publique de leur commune, par exemple Vitry, pour qu’il fréquente une école privée de standing ou confessionnelle dans une autre commune, par exemple à Saint-Mandé, Vitry doit verser à Saint-Mandé une contribution aux frais de sa scolarité.

L’inverse par contre ne soulève aucune obligation: si un élève domicilié à Saint-Mandé et y suivant les cours d’une école privée quitte celle-ci pour s’inscrire à une école publique de Vitry, Saint-Mandé reste libre de verser ou non une contribution à Vitry.

En résumé, les communes pauvres sont invitées à financer – au détriment de leur école publique et sans espoir de réciprocité - l’école privée des communes riches. Ainsi en a décidé la majorité UMP de l’Assemblée Nationale (article 89 de la loi du 13 août 2004 et circulaire d’application du 2 décembre 2005.

De très nombreuses communes refusent d’appliquer ce système inique, qui porte en germe la destruction du service public d’éducation nationale.

Et c’est dans ce contexte qu’on annonce la création prochaine d’un collège musulman, où inscription et études seraient payantes, à Vitry. Il est plus que jamais nécessaire de rappeler ce qu’est la laïcité. La loi de 1905 a clairement affirmé la liberté de conscience de tous les citoyens, quelles que soient leurs origines, leurs opinions politiques ou idéologiques, leurs convictions philosophiques ou religieuses. Ce grand principe de liberté implique nécessairement que la religion reste une affaire strictement privée, qu’elle n’empiète pas sur l’espace public. C’est la condition sine qua non de la cohésion sociale. En particulier l’école, l’hôpital, l’hôtel de ville doivent être ouverts à tous les jeunes, à tous les malades, à tous les administrés, dans le respect des droits de l’homme et du citoyen. Certes, la liberté de conscience permet à chacun d’assurer à ses enfants, dans la sphère privée et à ses frais, le supplément d’éducation de son choix….

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Cette modeste initiative mérite d’être analysée et de susciter un peu de réflexion. Voici pourquoi:

1.Ces militants ont été parmi les rares à avoir été informés sérieusement au sujet de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 et en avoir mesuré l’abus, la signification et la gravité. Espérons que les élus et les responsables des organisations laïques traditionnelles ont été nombreux eux aussi y à être sensibilisés. Leurs protestations furent pourtant bien rares et discrètes.

2. Ils en ont vu les conséquences moralement intolérables pour les habitants de leur commune. Ils ont vu l’usage politique qu’ils pouvaient en faire pour les législatives. Ils ont décidé d’ « en faire une affaire ». Ils ont alerté la population. Ils ont rédigé à cet effet un texte très lapidaire, précis et percutant.

Des centaines d’habitants ont été touchés.

3.Les RG veillent. On peut être assuré que le ministère DARCOS en sera informé. et aussi les nombreux députés UMP du département. En réalité, dans le contexte, ce petit communiqué pèse un peu, mais réellement.

Et en outre il a fait réfléchir les Vitriotes sur deux problèmes graves.

Résumons:

Vigilance. Appréciation compétente. Esprit d’initiative. Réaction rigoureuse, très sobre et percutante. Ces militants de Vitry/ Seine ne méritent-ils pas d’être félicités ?.

Comparons svp le rendement de leurs efforts à celui de tel colloque national coûteux dont la presse, y compris locale, a refusé de rendre compte et qui est resté en interne. Voilà pourquoi j’ai cru devoir inviter les militants laïques de la LDH à prendre un instant de réflexion sur cette mini-action laïque de banlieue. Comme quoi des militants capables de réflexion et d’esprit initiative peuvent agir à partir de faits très simples.

On leur reprochera de ne pas avoir « fait l’unité » et de n’avoir pas avoir cherché d’abord à mobiliser avec eux les fédérations de parents, les syndicats d’enseignants, les partis de gauche etc. Vu l’inertie actuelle de trop d’organisations en matière de laïcité, je les approuve de ne pas avoir attendu la rentrée et d’avoir agi judicieusement en pleine campagne des législatives.

L’action de cette association de Vitry est, dans cette ville et dans le contexte actuel, une action politique tangible contre la droite au pouvoir.

En France il y a des centaines de communes où ce problème se pose. Pourquoi ne pas suivre l’exemple de Vitry? Ne baissons pas les bras.

Une réserve cependant.

Le signataire aurait proposé un amendement à ce texte. Il ne voit pas quel principe des droits de l’ Homme on peut invoquer pour s’opposer au bénéfice de la loi Debré à ces musulmans de Vitry. Il apprécie la sage attitude de la FSU de Rhône-Alpes qui a refusé d’approuver l‘opposition excessive du recteur de Lyon qui n’a servi ni la laïcité ni l’antiracisme.

On l’ignore trop souvent, la liberté de l’enseignement est l’une des libertés fondamentales inscrite dans la Déclaration Universelle. Les laïques ont été bien mal inspirés jadis de ne pas l’avoir hautement affirmée. CONDORCET a brillamment défendu le concept d’école libre à côté de celui d’école laïque . JAURES était pour le monopole d’ Etat en matière d’enseignement. L’histoire a donné tort à Jaurès sur ce point. Malgré ses apports immenses dans les pays communistes, le monopole d’Etat de l’école de type soviétique a en partie échoué. Il était très antilaïque et de plus en plus dépassé du fait de sa rigidité. Mais la privatisation et la mainmise capitalistique sur l’ école ont fait de leur côté de très grands ravages comme le voit en Grande Bretagne et surtout aux Etats - Unis.

Le bon modèle français de l’école, ce serait un enseignement public nationalisé, démocratique, réellement de qualité et, de ce fait, attractif et compétitif, ayant à ses côtés un secteur libre de plus en plus marginal, répondant à des besoins bien particuliers, par exemple d’ordre religieux (enfants juifs hassidiques par exemple).

Nous ne pouvons pas compter sur SARKOZY pour mettre un tel projet en chantier.

Paul BERGER section LDH de Metz