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3 juin 2011

A quand la levée des réserves à la CEDAW ?

La FIDH lance un appel au gouvernement tunisien de transition pour qu’il démontre son engagement concret en faveur de l’égalité des droits, en levant l’ensemble des réserves émises à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).

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Lampedusa: lamette in gola contro i rimpatri

Dopo i primi quattro reclusi che si erano tagliati le vene mercoledì scorso, ieri sono stati in 28 a tentare il suicidio. Alcuni ingoiando lamette da barba, ferri e pezzi di vetro. Altri tagliandosi le vene. Continua a salire la tensione al centro di accoglienza di Lampedusa, trasformato dal 2 maggio in una galera, dove sono detenuti in modo illegale - senza nessuna convalida del giudice - circa 200 tunisini sbarcati sull'isola il mese scorso. Sull'isola non c'è un ospedale, ma soltanto un poliambulatorio, dove sono stati portati i feriti per una prima assistenza medica. I casi più gravi sono poi stati trasportati in elicottero all'ospedale Cervello di Palermo e al San Giovanni di Dio a Agrigento per essere sottoposti a un intervento chirurgico. Tutto è scoppiato quando si è sparsa la voce della ripresa dei rimpatri collettivi.

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25 mai 2011

Harraguantanamo

Ilyess, 30 anni, originario di Zarzis (Tunisia) ha documentato il suo viaggio da harraga, clandestino, in 70 fotografie scattate col cellulare tra il 28 marzo e il 17 aprile 2011. Dalla traversata a Lampedusa, tra emergenza e accoglienza, fino a una tendopoli dove ha vissuto per 13 giorni. “Come a Guantanamo”, dice lui: senza acqua a sufficienza per le docce di 700 persone, tra tentativi di fuga inizialmente negati dalle forze dell’ordine, nella costante incertezza sul proprio destino.

Il cellulare di Ilyess fotografa il barcone carico di migranti, la famiglia che lo accoglie a Lampedusa e poi, soprattutto, la tendopoli di Trapani, la sua Guantanamo: le razioni di cibo (consegnato da dietro un’inferriata per ragioni di sicurezza), le schede telefoniche, i momenti di svago giocando a calcio o ballando, gli scioperi della fame e del sonno organizzati per protesta e, infine, il permesso di soggiorno temporaneo per motivi umanitari. Gli ultimi scatti mostrano il paesaggio siciliano che vede dal pullman, finalmente libero di proseguire il suo viaggio e tentare di raggiungere Parigi.

Voir le site


Harraguantanamo from gnomade on Vimeo.



Ilyess, 30 ans, originaire de Zarzis (Tunisie) a documenté son voyage de "harraga" en 70 photos, prises avec son portable du 28 mars au 17 avril 2011. Du départ de Tunisie, à la traversée à Lampedusa, entre émergence et accueil, jusqu'à au campement de tentes de Trapani, où il a vécu 13 jours "comme à guantanamo", comme il dit lui: sans assez d'eaux pour les douches pour 700 personnes , entre tentatives de fuites, dans la constante incertitude sur son propre destin.

Le portable de Ilyess photographie le boat-people chargé de migrants, la famille qui l'accueil à Lampedusa, et puis et surtout la "tendopoli", le campement de Trapani, que il définit Guantanamo: la bouffe (donnée derrière une grille pour des questions de sécurité), les moments de repos jouant à football, les gréves de la faim et du sommeil organisés par protestation en enfin le titre de séjour pour motifs humanitaires. Les dernières prises de vue montrent le paysage sicilien qui voit du bus quand il est enfin libre de poursuivre son voyage et essayer de rejoindre Paris.

Ilyess arrive à Paris le 20 avril 2011.

8 mai 2011

Jeunes tunisiens sans-papiers : Occupation du 100 rue de la Fontaine au Roi

Les jeunes tunisiens migrants venus de Lampedusa occupent un gymnase au 100 rue de la fontaine au roi à Paris métro Belleville ou Couronnes

La F .T.C.R. appèlent au soutien des jeunes sans toit sans ressources. Soyons nombreux pour éviter le pire. Exigeons une régularisation et l'ouverture immédiate de négociations avec l'OFI et le ministère de l'intérieur

Pour une solidarité effective avec les jeunes de la révolution tunisienne, il est encore temps pour que la justice gagne.


Vive la solidarité avec les migrants tunisiens

A bas la chasse aux immigrés

Vive la révolution tunisienne


Paris le 7 mai 2011

Tarek BEN HIBA

président de la F.T.C.R.

Voir le site : Citoyens des Deux Rives

7 mai 2011

Solidarité avec les Tunisiens

Déclaration de Dominique Guibert, secrétaire général de la LDH, lue lors du rassemblement de solidarité avec les jeunes tunisiens, le 5 mai 2011, devant le ministère de l’Intérieur.
Que se passe-t- il donc en France ? Pourquoi sonne-t-on le tocsin ? Une invasion d’ennemis ? Des hordes d’immigrés aux portes, dit-on… Ce sont des phantasmes, certes, mais ils servent de justification à une politique de force, de chasse à l’homme et de stigmatisation de l’étranger.

Souvenons-nous. La Tunisie, ses palmiers, ses oasis, son désert et ses bas coûts de travail… C’était avant, avant que le peuple tunisien ne fasse le ménage. Le temps n’est plus où le gouvernement Sarkozy louait le dictateur. La Tunisie est devenu moins belle depuis que son peuple est fort du retour à la démocratie.

Aujourd’hui, au rebours des gestes de solidarité, se développent politique de la peur, gesticulation aux frontières et chasse aux Tunisiens en Ile-de-France. C’est une démonstration politique que Sarkozy et Berlusconi préféraient Ben Ali !

Il est profondément indécent que le président de la République française et le Premier ministre italien s’entendent pour limiter la liberté de circulation en Europe au prétexte de l’arrivée de vingt-cinq mille ressortissants tunisiens en Italie.

Evoquer les risques d’une invasion relève de la volonté politique d’attiser la peur et la xénophobie, en Italie comme en France. Que devraient dire les ONG et bénévoles tunisiens qui, avec des moyens réduits, accueillent à la frontière tuniso-libyenne les centaines de milliers de personnes qui fuient les exactions du régime Kadhafi ?

Après avoir soutenu presque jusqu’au dernier jour le régime de Ben Ali, Nicolas Sarkozy s’en prend à ceux qui se sont révoltés contre cette dictature. Accueillir dignement en France et en Italie vingt-cinq mille personnes qui cherchent une respiration au milieu des bouleversements inévitables qu’entraîne une révolution relève du devoir élémentaire d’humanité, mais aussi de l’intérêt politique de tous les pays de la région.

Il ne suffit pas de proclamer un soutien aussi tardif qu’irrésolu à la démocratie tunisienne et d’annoncer une contribution financière qui n’est en fait qu’un prêt. Il faut aussi tout faire pour que la démocratie l’emporte en Tunisie. C’est l’intérêt des Tunisiens, c’est l’intérêt des pays de la région, c’est l’intérêt de l’Europe.

Au regard de ces enjeux, le traitement infligé aux Tunisiens qui sont arrivés en Europe, refoulés à Vintimille, traqués dans les rues à Paris et en banlieue, est non seulement indigne, participant de cette xénophobie d’Etat dans laquelle s’enfonce le gouvernement français, mais aussi profondément stupide et dangereux pour notre avenir commun. La LDH appelle tous les militants, tous les citoyens et leurs associations, syndicats et partis à se mobiliser pour porter aide et assistance à ces personnes. Le gouvernement nous tend un piège : c’est « Moi et ma police » ou « Vous et votre chaos », c’est « la porte fermée aux étrangers » ou « l’invasion des immigrés ». Nous ne devons pas tomber dans ce piège et croire qu’il n’y a pas d’autres politiques possibles. A cet égard, la LDH regrette la précipitation de la Mairie de Paris dans la gestion d’une occupation dont elle aurait pu prendre la mesure dans une conjoncture spécifique. Nous critiquons cette acceptation d’une politique de force au lieu de poursuivre un dialogue qu’elle semblait pourtant avoir commencé.

Au contraire, la LDH attend de tous un respect de nos principes envers les personnes, humanité, accueil et solidarité ; et une orientation claire de soutien à la révolution tunisienne.

3 mai 2011

Urgence pour la solidarité

Nous dénonçons le traitement indigne infligé aux centaines de Tunisiens arrivés en France via l’Italie et laissés en errance dans les rues de Paris, de Marseille et d’autres villes. La plupart ont des permis de séjour temporaire délivrés par l’Italie, leur assurant des droits.
Nous demandons l’arrêt immédiat des rafles policières, la libération des personnes arrêtées et l’ouverture de négociations pour trouver des solutions adaptées.

Il y a urgence à trouver des solutions d’accueil (centres d’hébergement, structures d’accueil, etc.) et à nourrir les personnes concernées.

Nous demandons également au Gouvernement français :

pour ceux qui souhaitent bénéficier d’une formation pour contribuer à leur retour au développement de la Tunisie, de leur en donner les moyens et une carte de séjour temporaire ;

pour ceux qui souhaitent travailler et vivre en France, temporairement au moins, de leur donner une carte de séjour vie privée et familiale à titre exceptionnel en égard à la révolution démocratique tunisienne comme cela a pu être fait à d’autres époques ;

pour ceux qui souhaitent retourner en Tunisie, que l’OFI leur fournisse un billet d’avion et une aide au retour significative.

Nos associations appellent les associations, syndicats, collectifs, organisations politiques et collectivités locales à la mobilisation générale pour permettre accueil et solidarité respectant la dignité des migrants tunisiens.

Nous soutenons les processus démocratiques en cours. Ils ne peuvent être séparés de la fondation de rapports internationaux plus justes et plus équilibrés, basés sur une égalité des droits des individus et des peuples à la liberté, à une vie digne et indépendante ainsi qu’à des droits égaux à la liberté de circulation.

Premiers signataires :

ARDHIS, ATDF (ex ATF-Paris), ATMF, ATTAC, Cedetim-IPAM, Citoyennes des 2 Rives, FASTI, FTCR, GISTI, LDH, MRAP, RESF, Union syndicale Solidaires, Collectif de soutien aux migrants du Bassin Creillois, Traversée, UNEF, Uni’T, Cimade…

30 avr. 2011

Urgence pour la solidarité

Nous dénonçons le traitement indigne infligé aux centaines de tunisiens arrivés en France via l’Italie et laissés en errance dans les rues de Paris, de Marseille et d’autres villes. La plupart ont des permis de séjour temporaire délivrés par l’Italie, leur assurant des droits.

Nous demandons l’arrêt immédiat des rafles policières, la libération des personnes arrêtées et l’ouverture de négociations pour trouver des solutions adaptées.

Il y a urgence à trouver des solutions d’accueil (centres d’hébergement, structures d’accueil,…) et à nourrir les personnes concernées.

Nous demandons également au Gouvernement français :

pour ceux qui souhaitent bénéficier d’une formation pour contribuer à leur retour au développement de la Tunisie, de leur en donner les moyens et une carte de séjour temporaire
pour ceux qui souhaitent travailler et vivre en France, temporairement au moins, de leur donner une carte de séjour vie privée et familiale à titre exceptionnel en égard à la révolution démocratique tunisienne comme cela a pu être fait à d’autres époques.
pour ceux qui souhaitent retourner en Tunisie, que l’OFI leur fournisse un billet d’avion et une aide au retour significative.
Nos associations appellent les associations, syndicats, collectifs, organisations politiques et collectivités locales à la mobilisation générale pour permettre accueil et solidarité respectant la dignité des migrants tunisiens.

Nous soutenons les processus démocratiques en cours. Ils ne peuvent être séparés de la fondation de rapports internationaux plus justes et plus équilibrés, basés sur une égalité des droits des individus et des peuples à la liberté, à une vie digne et indépendante ainsi qu’à des droits égaux à la liberté de circulation.

Le 29 avril 2011
Premiers signataires :
ARDHIS, ATDF (ex ATF-Paris), ATMF, ATTAC, Cedetim-IPAM, Citoyennes des 2 Rives, FASTI, FTCR, GISTI, LDH, MRAP, RESF, Union syndicale Solidaires, Collectif de soutien aux migrants du Bassin Creillois, Traversée, UNEF, Uni’T

29 avr. 2011

Politique de la peur, gesticulation aux frontières et chasse aux Tunisiens en Ile-de-France : Sarkozy et Berlusconi préféraient Ben Ali

Communiqué LDH

Il est profondément indécent que le président de la République française et le Premier ministre italien s’entendent pour limiter la liberté de circulation en Europe au prétexte de l’arrivée de vingt-cinq mille ressortissants tunisiens en Italie.
Evoquer les risques d’une invasion relève de la volonté politique d’attiser la peur et la xénophobie, en Italie comme en France. Que devraient dire les ONG et bénévoles tunisiens qui, avec des moyens réduits, accueillent à la frontière tuniso-libyenne les centaines de milliers de personnes qui fuient les exactions du régime Kadhafi ?

Après avoir soutenu presque jusqu’au dernier jour le régime de M. Ben Ali, Nicolas Sarkozy s’en prend à ceux qui se sont révoltés contre cette dictature. Accueillir dignement en France et en Italie vingt-cinq mille personnes qui cherchent une respiration au milieu des bouleversements inévitables qu’entraîne une révolution relève du devoir élémentaire d’humanité, mais aussi de l’intérêt politique de tous les pays de la région.

Il ne suffit pas de proclamer un soutien aussi tardif qu’irrésolu à la démocratie tunisienne et d’annoncer une contribution financière qui n’est en fait qu’un prêt. Il faut aussi tout faire pour que la démocratie l’emporte en Tunisie. C’est l’intérêt des Tunisiens, c’est l’intérêt des pays de la région, c’est l’intérêt de l’Europe.

Au regard de ces enjeux, le traitement infligé aux Tunisiens qui sont arrivés en Europe, refoulés à Vintimille, traqués dans les rues à Paris et en banlieue, est non seulement indigne, participant de cette xénophobie d’Etat dans laquelle s’enfonce le gouvernement français, mais aussi profondément stupide et dangereux pour notre avenir commun.

La LDH appelle tous ses militants, tous les citoyens de ce pays à se mobiliser pour porter aide et assistance à ces personnes.

Paris, le 28 avril 2011.

26 avr. 2011

Récits à la frontière

- récit recueilli à Paris (texte): http://www.storiemigranti.org/spip.php?article891
Kamel, tunisien, 24 ans

Le 13 mars, j’ai pris le bateau à Mahres. Nous étions 38 tunisiens à bord, nous avons pris le large vers 20h, direction Lampedusa. Avec nous il y avait une femme seule de 26 ans. Lorsque nous avons quitté les côtes tunisiennes, il n’y avait aucune patrouille des autorités tunisiennes.
En Tunisie, j’étais peintre, enfin quand je pouvais travailler. Et lorsque je travaillais, c’était 12 heures par jour pour un bien maigre salaire (6-7 euros la journée). Avant de partir, la préparation du voyage a pris un mois. Mon trajet a coûté presque 750 euros.
Nous avons mis 24 heures pour arriver à Lampedusa, la mer était très agitée. Nous sommes tous arrivés en vie. Ça n’a pas été le cas d’un bateau qui a pris le large peu après nous. 40 personnes étaient à bord et le bateau a coulé dans les eaux italiennes. Nous n’avons pas vu d’équipe de sauvetage en mer hélas.
Une fois arrivés au large des côtes italiennes, c’était la nuit, un bateau est venu nous rejoindre et nous a guidé jusqu’au port de Lampedusa. Nous avons accosté et la brigade financière nous a regroupés sur le quai. Un autre bateau tunisien est arrivé. Nous sommes tous montés dans un bus. Il paraît que le 14 mars, 15 bateaux ont accosté à Lampedusa.
Le bus nous a conduit au centre de Lampedusa. Il y avait 2800 personnes alors que la capacité d’accueil est de 800. Il y avait aussi des femmes dans le centre, leur sortie de Lampedusa est organisée en priorité. La première nuit nous avons dormi dehors. La nuit suivante, avec d’autres tunisiens de ma ville, nous avons dormi entassés dans une chambre du centre. A chaque repas, il fallait attendre 2 ou 3 heures pour pouvoir manger, il y avait trop de monde à servir. Un jour, nous sommes partis dans la montagne pour nous faire à manger nous-mêmes. Dans le centre la violence règne. Il y avait tout le temps des bagarres à cause de la nourriture ou du manque de place. Il y a des vols aussi. Les douches sont sales et il y a là aussi une longue attente. Des policiers et des militaires entourent le centre, empêchent les journalistes de rentrer à l’intérieur et n’interviennent pas dans les conflits entre les migrants, ils laissent faire.
A cause du manque de place, les tunisiens ne restent pas tous dans le centre, ils « campent » au port, dans le stade, ou encore dans l’église.
La population italienne est soit solidaire (certains habitants nous hébergent, nous donnent de la nourriture et des vêtements), soit méfiante. Dans les magasins nous ne pouvons rentrer seulement qu’un par un à cause de la peur d’éventuels vols. La vente d’alcool nous est interdite par contre un marché noir s’est organisé. Je suis resté 9 jours à Lampedusa. Pour nous faire sortir du centre, nous sommes appelés en fonction du bateau qui nous a amené là. 400 ou 500 personnes sont amenées chaque jour à l’aéroport. Lorsque certains jours personne n’est appelé, des révoltes et des grèves de la faim s’organisent. Mon bateau a été appelé en même temps qu’un autre. Nous avons été amenés à l’aéroport. Nous y avons subi une palpation de sécurité, nos sacs ont été fouillés et nos briquets confisqués. Nous sommes tous montés dans un avion, le vol a duré environ une heure et demi, sans même savoir où nous allions, nous n’avions aucune information sur ce qui allait nous arriver. Nous avons pensé qu’on nous ramenait en Tunisie. En fait nous avons été amenés dans un autre centre italien à Brindisi. Nous sommes montés dans un bus. J’ai été amené avec certains de manière aléatoire au centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CARA), d’autres ont été amenés dans le centre de rétention (CIE) juste à côté. Lorsque je suis arrivé, on m’a remis une carte d’enregistrement, bleue. Nous n’avons eu aucune autre information. Dans ce centre, il y avait moins de monde, des lits pour tous. Le centre est plus propre. Il n’y avait pas que des tunisiens mais d’autres nationalités aussi comme des irakiens. J’ai enregistré ma demande d’asile. Le 2ème jour, une femme du centre, sûrement une policière, m’a demandé pourquoi j’étais venu et a pris mes empreintes. Au bout de cinq jours, sans pouvoir sortir du centre, fatigué de toutes ces épreuves, j’avais envie de partir. A ce moment là, on m’a appelé et on m’a dit d’attendre 2 jours avant de avoir le droit de rentrer et sortir du centre. Mais je n’ai pas pu attendre la fin des 7 jours d’enfermement. Je me suis donc enfui avec 2 autres tunisiens, en escaladant le mur. Les gardes nous ont vu mais ils nous ont laissé partir. Lorsque 4 ou 5 personnes s’enfuient, ils les laissent faire. Si plus de 8 personnes tentent de s’échapper, les gardes essayent de les rattraper.
Avec mes deux amis, nous avons marché pendant presque une heure et demi jusqu’à la gare. Là nous avons acheté un billet de train pour Milan. Nous n’avons croisé aucun policier. Puis nous avons pris un train pour Vintimille. Là, nous avons croisé beaucoup de policiers mais nous n’avons pas été questionnés. A Vintimille, nous avons parlé avec plusieurs personnes qui nous ont proposé de nous faire passer en France. Nous avons négocié avec un tunisien pour qu’il nous amène à Nice, pour 250 euros pour nous trois. Certains prennent 1000 euros pour t’accompagner à Paris. Nous nous sommes cachés dans la voiture et après 30 minutes, sans contrôle, nous sommes arrivés à Nice. C’était la nuit. Nous avons d’abord erré dans la ville. Dans la rue, nous avons été contrôlés par la police qui nous a seulement dit de « rester sages et de ne pas faire de bêtises ». Le lendemain, nous avons pris un train pour Paris. Il n’y avait aucun policier dans la gare. Arrivés Gare de Lyon, le 29 mars, il y avait plein de CRS sur le quai. Des policiers ont effectué un contrôle de tous les tunisiens présents dans le train. On nous a dit que c’était une simple vérification. Ils nous ont fait remonter dans le train pour nous fouiller, puis nous ont laissé partir après avoir vu notre attestation d’enregistrement de demande d’asile en Italie. Par contre un tunisiens que je ne connaissais pas a été menotté et emmené. Je suis actuellement hébergé chez ma cousine, j’ai trouvé un travail mais je sais que ma situation en France est compliquée. Aujourd’hui en situation irrégulière, c’est un très long parcours du combattant qui m’attend.

- récits recueillis à Ventimille (audio): http://www.storiemigranti.org/spip.php?rubrique121

Ventimiglia, sabato 9 aprile 2011. Hanno tutti in tasca il cedolino che fissa un appuntamento alla questura per il 15 aprile. Dovrebbero ottenere il permesso di soggiorno temporaneo che l’Italia concede loro con la speranza che se ne vadano altrove. Del resto, anche molti di loro vorrebbero farlo, ma per ora non sembra che ci siano molti stati “volonterosi” pronti a farli arrivare sui loro territori. Così, per alcuni dei tunisini arrivati a Lampedusa, la piazza davanti alla stazione di Ventimiglia si è trasformata nell’unico luogo del loro soggiorno diurno, mentre per la notte c’è l’ex caserma aperta dal prefetto e gestita dalla croce rossa militare.

Pubblichiamo alcune delle interviste che abbiamo registrato.

Prima intervista, gruppo di uomini tunisini

seconda intervista, studenti afghani

terza intervista, uomo tunisino

Quarta intervista, uomo tunisino

quinta intervista, uomo tunisino

sesta intervista, donna tunisina

25 avr. 2011

Aufstand in den Phosphatgebieten Tunesiens, Verhaftung von Migranten und Zirkulation der Erfahrungen

Soulèvement dans la région des mines de phosphate en Tunisie, arrestation de migrants et circulation des expériences.

Depuis 2008, la population tunisienne est entrée en résistance notamment dans les territoires d’exploitation du phosphate à l’ouest du pays, près de la frontière algérienne. La police et l’armée tunisiennes ont tout fait pour couper ce territoire du reste du monde. Mais les migrants tunisiens à l’étranger ont joué un rôle majeur pour briser l’embargo en utilisant les nouvelles technologies de communication. Ce constat dressé dans un article de 2009 par Helmut Dietrich est actualisé ici par un nouvel article de janvier 2011 dans lequel il évoque l’incidence de cette révolution sur la société voisine de l’Algérie.

Voir textes et traductions

11 avr. 2011

1ères expulsions groupées de lampedusa vers la Tunisie et 1ères manifs des concerné/es

Conformément à l'accord passé entre les gouvernements italien et tunisien, la déportation des Tunisiens arrivés après le 5avril 0 lampedusa vient de s'intensifier.
2 vols par jour sont prévus sur la semaine, le 1er a décollé aujourd'hui à 13h avec 30 Tunisiens à bord, chacun étant escorté par 2 policiers et ayant du subir une fouille minutieuse avant de quitter le centre de lampedusa pour être monté à bord d'un bus conduisant à l'aéroport.Le second vol aura lieu vers 20h.
Au début il n'a pas été annoncé que les gens extraits du centre seraient expulsés en Tunisie et non pas conduits vers les camps de tentes en Italie. Mais cela s'est su (après le départ du 1er bus apparemment)et une manifestation aux cris de "Liberté ! Liberté !" a commencé dans le centre, plusieurs personnes étant grimpées sur les toîts. La police anti émeute est intervenue.

http://www.agi.it/politica/notizie/201104111320-pol-rt10108-immigrati_volo_di_rimpatrio_decollato_da_lampedusa

http://www.tgcom.mediaset.it/cronaca/articoli/1005954/lampedusa-tensione-tra-immigrati.shtml

Dans le camp de tente de Santa Maria Capua Vetere, situé à côté de naples il y a également eu des protestations et rébellions cette nuit ainsi que des évasions.
http://www.lunaset.it/news.aspx?news=1421
http://www.rainews24.rai.it/it/news.php?newsid=151795

8 avr. 2011

LA TRAGEDIA DEL CANALE DI SICILIA IL NOSTRO LUTTO, IL NOSTRO IMPEGNO

La tragedia avvenuta ieri nel canale di Sicilia ci interroga su quanto il nostro paese e l’Europa tutta stiano smarrendo il senso di umanità che è presupposto di ogni democrazia. Quelle morti non sono frutto del caso. C’è una responsabilità collettiva delle nostre società ed una, più pesante, di chi ricopre ruoli istituzionali e ha il potere di produrre, con le proprie scelte, conseguenze concrete sulla vita delle persone.

Oggi la Camera dei Deputati ha giustamente osservato un minuto di silenzio per quelle vittime innocenti. Ma non possiamo dimenticare che il 6 febbraio del 2009 lo stesso Parlamento ratificava il trattato di amicizia italo libico prevedendo l’impiego di mezzi e risorse per controllare le frontiere e impedire le partenze verso l’Italia.

Il 6 maggio 2009, dopo che per anni le navi italiane avevano soccorso i migranti anche fuori dalle acque territoriali, per la prima volta il nostro Paese respinse 3 barche con 227 persone a bordo, cancellando d’un colpo il principio di non respingimento previsto dell’art.33 della Convenzione di Ginevra sul diritto d’asilo. Quei 227 provenivano dal corno d’africa, la stessa regione da cui provengono i morti di oggi. Profughi secondo la rappresentazione di oggi, ma clandestini da rimandare nelle mani dei loro aguzzini secondo quanto affermato dal nostro Governo. Nulla succede per caso. In realtà queste vite umane sono sacrificate sull’altare della ragion di stato e della propaganda elettorale permanente a cui siamo sottoposti.


Noi pensiamo che si possa e si debba reagire. Sarebbe stato giusto proclamare domani una giornata di lutto nazionale, perché anche quei bambini, quelle donne e quegli uomini fanno parte della nostra comunità umana. Noi dell’ARCI lo faremo. Chiederemo alle nostre strutture di esporre un segno di lutto nelle sedi, di listare a lutto giornali e siti web, di osservare un minuto di silenzio nelle iniziative in programma nei circoli Arci, di fare ogni altro gesto che possa servire a ricordare il sacrificio di quegli esseri umani e le nostre responsabilità.



E faremo anche un piccolo gesto individuale. Porteremo un fiore, una rosa rossa, davanti ai nostri municipi. Perché quelle sedi rappresentano la comunità locale. La comunità che mancava a quelle vittime della frontiera fuggite dalle guerre in cerca di sicurezza e protezione per se e per i loro figli. A Roma davanti al Campidoglio deporremo 250 rose, una per ciascuna di quelle persone che non incontreremo mai e che sarebbero potuti diventare romani, bolognesi o milanesi come noi. A loro vogliamo dare simbolicamente, almeno per un giorno, cittadinanza in questo Paese che li ha respinti e li ha costretti ad un viaggio mortale.



E al tempo stesso continueremo ad impegnarci concretamente, coi nostri circoli nei territori, per garantire accoglienza e protezione a chi sta arrivando. Continueremo a chiedere che siano aperti adesso canali umanitari per gli altri profughi che sono ancora in Libia e Tunisia, che venga fermata la macchina dei respingimenti, che il nostro paese faccia il suo dovere per sostenere concretamente i diritti umani e i processi di democratizzazione nel nord Africa.



UFFICIO STAMPA
Via dei Monti di Pietralata, 16
Andreina Albano
Tel. 06 41609267 – 348 3419402 albano@arci.it
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Alessandra Capodanno

Ufficio Immigrazione ARCI
Via dei Monti di Pietralata, 16
00157 Roma

tel. +39 06 41609217
fax +39 06 41609234
skype alessandra.capodanno
@ capodanno@arci.it

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(Traduction Google)


LA TRAGÉDIE du détroit de Sicile - Notre douleur, NOTRE ENGAGEMENT

La tragédie a eu lieu hier à la question de Sicile nous sur ce que notre pays et l'Europe perdent tout sens de l'humanité qui est un préalable à toute démocratie. Ces décès ne sont pas accidentelles. Il ya une responsabilité collective de notre société et une lourde plus, ceux qui détiennent des rôles institutionnels et a le pouvoir de produire, par leurs choix, des conséquences réelles sur la vie des gens.

Aujourd'hui, la Chambre des députés a justement observé une minute de silence pour les victimes innocentes. Mais nous ne pouvons pas oublier que le 6 Février 2009, le Parlement a ratifié le traité d'amitié entre l'Italie et la Libye prévoyant l'utilisation de moyens et de ressources pour contrôler les frontières et empêcher le départ vers l'Italie.

Le 6 mai 2009, après des années de navires italiens avaient migrants de sauvetage de l'extérieur des eaux territoriales pour la première fois notre pays a rejeté trois bateaux avec 227 personnes à bord, effaçant du même coup le principe de non-refoulement prévue de 'article 33 de la Convention de Genève sur l'asile. Les 227 étaient originaires de la Corne de l'Afrique, de la même région à partir de laquelle la mort aujourd'hui. Réfugiés conformément à la performance d'aujourd'hui, mais rebutés par des immigrants illégaux dans les mains de leurs ravisseurs ont été revendiqués par notre gouvernement. Rien n'arrive par hasard. En fait, ces vies humaines sont sacrifiées sur l'autel de la raison et de la propagande d'Etat électoral permanent auquel nous sommes soumis.


Nous croyons que davantage peut et doit réagir. Il aurait été juste de proclamer une journée de deuil national demain, parce que même les enfants, les femmes et les hommes font partie de notre communauté humaine. Nous ferons ARCI. Nous allons demander à nos structures présentent un signe de deuil dans les foyers, à la liste dans le deuil les journaux et les sites Web, à observer une minute de silence dans l'offre de Arci, de faire tout autre acte qui pourrait être utilisé pour rappeler le sacrifice de ces êtres humains et de notre responsabilité.



Et nous allons faire un petit geste individuel. Nous apporterons une fleur, une rose rouge en face de nos municipalités. Parce que ces sites sont la communauté locale. La communauté qui a fait défaut à ces victimes qui ont fui les guerres de frontières, en quête de sécurité et de protection pour eux-mêmes et leurs enfants. A Rome, en face du Capitole mettra 250 roses, un pour chacune de ces personnes qui ne se rencontrent jamais et ils pourraient devenir romaine, Bologne ou Milan comme nous le faisons. Ils veulent donner symboliquement, au moins pour une journée, de la citoyenneté dans ce pays qui les a rejetées et les ont contraints à un voyage mortel.



Et en même temps continuer à travailler dur dans la pratique, avec nos clubs dans les territoires, pour assurer chaleur et protection à ceux qui sont à venir. Nous continuerons à exiger des canaux humanitaires sont maintenant pour les autres réfugiés qui sont encore en Libye et en Tunisie, peut arrêter la machine de rejet, que notre pays est de son devoir de fournir un soutien pratique pour les droits de l'homme et les processus de démocratisation en Afrique du Nord .



BUREAU DE PRESSE
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Tel 06 41609267 - 348 3419402 albano@arci.it
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@ capodanno@arci.it

5 avr. 2011

Appel : Urgence d’un moratoire sur les renvois vers la Tunisie, et d’un accueil digne des Tunisien·ne·s dans l’UE !

Action collective

Depuis deux mois, la Tunisie subit des pressions considérables, notamment de la part de l’Italie, pour renforcer les contrôles à ses frontières et réadmettre ses ressortissant·e·s arrivé·e·s à Lampedusa. La visite de Silvio Berlusconi ce 4 avril a pour objet d’obtenir des engagements des autorités tunisiennes en ce sens, malgré les appels répétés des organisations de défense des droits des migrants [1] et en dépit de la situation exceptionnelle à laquelle le pays doit faire face.

La Tunisie vit des moments historiques et doit relever les défis considérables en termes de construction démocratique. La situation est porteuse d’immenses espoirs mais elle est complexe et rendue particulièrement difficile par la guerre en Libye. La Tunisie a accueilli depuis le début de la crise libyenne plus de 200 000 personnes, soit dix fois plus que l’Italie. Si la majorité des personnes arrivées en Tunisie ont pu être rapatriées vers leur pays d’origine, des milliers d’entres elles sont toujours bloquées dans les campements à la frontière, ne pouvant rejoindre leur pays en guerre, comme c’est le cas pour la Côte d’Ivoire, l’Érythrée et la Somalie.

Il est hypocrite et immoral de la part de l’UE de se réjouir de la révolution en Tunisie tout en exigeant que celle-ci continue, au nom de la supposée nécessité de protéger l’Europe d’un « déferlement migratoire », à jouer le rôle de garde frontière, comme du temps de la dictature de Ben Ali. Il est urgent au contraire de prendre acte des changements démocratiques et de reconstruire les relations entre l’UE et la Tunisie sur des bases équitables et transparentes. Les États européens ne peuvent pas répondre au processus démocratique en cours par une politique répressive à l’égard des migrant.es, en faisant peser la menace d’un renvoi collectif.

Non seulement cette menace doit être levée, mais les États de l’UE ont la responsabilité d’accueillir dignement celles et ceux qui sont arrivé·e·s en Europe ces dernières semaines. Depuis plus d’un mois, l’arbitraire et l’incohérence caractérisent la gestion de la situation par le gouvernement italien. Le traitement qui est réservé aux Tunisien·n·es dans certains centres de rétention en Italie, la chasse aux migrants dans le sud de la France et le jeu de « ping-pong » dont d’autres sont l’objet à la frontière franco-italienne sont inacceptables.

Il est enfin inadmissible que l’Union Européenne laisse à la Tunisie la seule responsabilité de l’accueil des personnes fuyant la Libye et qui n’ont pas la possibilité de rentrer dans leur pays. L’Union Européenne a le devoir de se montrer à la hauteur de la situation, en prenant exemple sur l’accueil offert par la Tunisie à toutes les personnes fuyant la Libye.

Une situation exceptionnelle appelle des mesures exceptionnelles, et l’UE dispose de tous les outils juridiques et politiques pour y faire face. Les États membres doivent sans plus attendre prendre leurs responsabilités et :

Déclarer un moratoire immédiat sur les renvois de Tunisien·e·s en Tunisie ;
Accorder l’admission exceptionnelle au séjour des Tunisiens déjà arrivés en France et en Italie
Garantir l’accès au territoire européen aux personnes en quête de protection et s’abstenir de toute mesure ou accord qui pourraient l’entraver ;
Mettre en œuvre le dispositif permettant d’accorder la protection temporaire prévue par la directive du 20 juillet 2001 à tou·te·s celles et ceux qui peuvent s’en prévaloir ;
Accueillir, dans le cadre de la réinstallation, les réfugié·e·s présent·e·s à la frontière tuniso-libyenne qui le souhaitent ;
Offrir l’asile ou une protection à toutes les personnes qui ne peuvent être rapatriées du fait de la situation dans leur pays d’origine.
A court terme, il importe de mettre en place un programme européen d’aide et de coopération avec la Tunisie qui permette à ses ressortissant.es d’entrer régulièrement dans les Etats membres pour y travailler ou y faire des études.

Le 4 avril 2011

Premiers signataires : ABCDS (Ma), ACORT (F), APDHA (Es), ARCI (I), ASGI (I), CIRE (B), FTCR (F), GADEM (Ma), GISTI (F), La Cimade (F), Migreurop, SOS Racismo (Es)

Voir le site du GISTI

[1] Migreurop le 22 Février, REMDH le 23 Mars, Appel collectif le 2 Mars.

1 avr. 2011

Italie/migrants: l'évacuation de Lampedusa suspendue, tensions dans le Sud

MANDURIA - Le transfert sur le continent italien de milliers d'immigrés tunisiens depuis l'île italienne de Lampedusa était suspendu vendredi en raison du mauvais temps, mais pourrait reprendre en soirée si le vent se calme, a annoncé la capitainerie du port.
Plus de 2.300 immigrés ont déjà été évacués de Lampedusa jeudi à bord de deux navires vers un centre d'accueil à Manduria, dans les Pouilles, une région du Sud de l'Italie, avant la suspension des opérations en raison d'une mer houleuse.
Le premier des deux bateaux, l'Excelsior, est arrivé vendredi matin dans le port militaire de Tarente avec environ 1.700 immigrés à bord suivi quelques heures plus tard par le second, avec environ 600 personnes à bord.
Tous ces immigrés ont été transférés au campement de Manduria où la tension a augmenté au moment de la visite d'élus locaux.
Ces derniers ont été accueillis aux cris de "liberté, liberté" par les immigrés tunisiens massés derrière un grillage en fer et qui se plaignaient de l'absence d'eau ou d'électricité. Le campement est prévu pour accueillir entre 6 à 8 migrants dans chacune des 400 tentes.
Plusieurs dizaines de migrants ont été vus, par un photographe de l'AFP, en train de fuir dans les champs entourant le campement.
A Lampedusa, trois navires, dont un militaire, le San Marco, et un civil d'une capacité de 2.000 places, le Serena, attendent de pouvoir accoster, un vent de 20 noeuds empêchant leurs manoeuvres dans le petit port, selon la capitainerie.
Sur place, il reste toujours près de 4.000 immigrés, même si les débarquements ont cessé depuis la nuit de mercredi à jeudi.
Pour tenter de résoudre ce problème, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui avait promis mercredi à Lampedusa de vider l'île des immigrés en 60 heures, se rendra lundi à Tunis pour voir avec le nouveau gouvernement de Tunis comment mettre un terme à l'afflux de migrants.
Vendredi Silvio Berlusconi a participé à Rome à une réunion d'une cellule de crise en présence des ministres de l'Intérieur, de la Défense, et de représentants des collectivités locales qui devront accueillir sur leur territoire les immigrés.
Le chef du gouvernement italien a annoncé qu'il demanderait à la Tunisie d'accepter le rapatriement de milliers de ses citoyens, considérant cette possibilité comme "la solution prioritaire".
Le gouvernement, qui doit revoir mardi les collectivités locales, a préparé un plan pour l'hébergement de 10.000 immigrés dans chaque région, une mesure temporaire avant leur rapatriement vers la Tunisie, mais des désaccords subsistent sur leur répartition, le Sud défavorisé étant pour le moment beaucoup plus sollicité que le Nord prospère de la péninsule.
Vendredi, des travaux étaient en cours à Turin, dans le nord de l'Italie, pour installer un camp permettant d'accueillir, à partir de dimanche soir dans 300 tentes, environ 1.500 immigrés, ont annoncé les autorités locales.
Trois autres localités du Nord de l'Italie, Padoue, Vipiteno et Brescia ont déjà été désignées pour abriter des centres d'accueil pour immigrés.
Depuis le début de l'année, plus de 22.000 migrants, dont 20.000 Tunisiens à la recherche d'un travail, sont arrivés en Italie, principalement à Lampedusa.
(©AFP / 01 avril 2011 15h45)

Tunisie : adoption d’un plan de relance économique

Le ministre tunisien des Finances Jalloul Ayed a annoncé vendredi l’adoption d’un plan de relance économique et social prévoyant notamment la création à court terme de 40.000 emplois.
Adopté en conseil des ministres, ce plan en 17 points comporte un programme de recrutement exceptionnel de 20.000 employés dans la fonction publique, et des mesures en faveur des entreprises pour les inciter à réaliser un nombre d’embauches équivalent.
En outre, 200.000 jeunes bénéficieront d’une allocation mensuelle de 200 dinars (101 euros) sur dix mois dans le cadre de "mécanismes de la politique active de l’emploi".
Il a été décidé, par ailleurs, de doubler les montants alloués aux "programmes d’utilité publique dans les régions" de l’intérieur du pays et d’y encourager les investissements.
Au niveau social, les aides aux familles défavorisées seront renforcées et des micro-crédits et dotations seront octroyées à 20.000 familles pour améliorer leurs logements.
Quant aux Tunisiens ayant fui la Libye et dont le nombre dépasse les 40.000, une aide leur sera octroyée d’un montant de 400 dinars (202 euros) par personne et de 600 dinars (304 euros) par famille.
Premières mesures concrètes prises par le gouvernement transitoire dirigé depuis environ trois semaines par Béji Caïd Essebsi, ce plan vise à faire face à une situation "délicate" malgré "la bonne tenue des exportations industrielles", a précisé M. Ayed.
Les secteurs les plus touchés par la quasi-paralysie de l’activité économique depuis fin décembre sont le tourisme, le transport, le commerce, les phosphates et les travaux publics.
Leur impact sera sévère pour 2011, avec un taux de croissance de l’économie tunisienne qui devrait s’établir entre zéro et 1%, contre 5,4% initialement prévus. Le déficit budgétaire devrait passer, lui, du simple au double soit 5% au lieu des 2,5% prévus.
Quant aux investissements, ils devraient accuser une baisse de 1.500 millions de dinars (762 millions d’euros).

Voir le site Al-Oufok

30 mars 2011

Le camp de la déchéance humaine

Arrivée massive de Ghanéens,
Maliens, Nigérians et Soudanais au moment où le rapatriement des Bengalis se fait timidement. Au camp de Benguerdane, à la frontière tuniso-libyenne,
plus de 16 000 réfugiés vivent dans des conditions inhumaines d’insalubrité.
Après la contestation des Bengalis, c’est au tour des Soudanais d’organiser des marches de protestation dans le camp…


Plus d’un millier d’Africains, en majorité des Maliens, des Ghanéens et des Nigérians ont franchi durant la nuit du lundi à mardi le poste frontalier tuniso-libyen de Ras Jdir. Ils étaient depuis plus de deux semaines bloqués à l’aéroport de Tripoli, avant que leur ambassade, avec l’aide d’El Gueddafi leur organisent des départs, à bord de 12 grands bus, pour rejoindre le sol tunisien. Pour la première fois, de nombreuses femmes avec des enfants de tout âge et des bagages font partie du voyage, alors que depuis le début de la crise, les réfugiés arrivaient sans rien, ou avec seulement une couverture. «Nous ne pouvions plus supporter la situation à l’aéroport de Tripoli qui débordait de monde. L’enceinte portuaire s’est transformée en une immense poubelle. Les vols étaient quasiment bloqués, et il fallait trouver une solution. Nous avons alors harcelé nos ambassades qui ont fini par trouver une solution avec les autorités libyennes.

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23 déc. 2010

Tunisie : suicide d'un jeune à Sidi Bouzid, le pouvoir enquête sur un "décès"

TUNIS, 22 DÉC 2010 | Un jeune Tunisien s'est suicidé mercredi soir par électrocution à Sidi Bouzid, une ville du centre-ouest tunisien en proie à des protestations sur fond de chômage depuis le 19 décembre, ont annoncé des sources syndicale et politique concordantes.

AFP | 22.12.2010 | 23:33

Un jeune Tunisien s'est suicidé mercredi soir par électrocution à Sidi Bouzid, une ville du centre-ouest tunisien en proie à des protestations sur fond de chômage depuis le 19 décembre, ont annoncé des sources syndicale et politique concordantes.

Sans confirmer la thèse du suicide, le gouvernement a annoncé un "décès sur place" du jeune homme et une information judiciaire sur les circonstances de l'incident.

"Selon les donnés disponibles, le jeune a été électrocuté après avoir été au contact de câbles électriques d'une puissance de 30.000 volts, lorsqu'il est monté en haut du pylône", a écrit l'agence gouvernementale TAP.

Le communiqué gouvernemental ne précise pas la raison pour laquelle le jeune homme est monté sur un pylône.

Houcine Neji, 24 ans, a escaladé un poteau électrique en criant qu'il ne voulait "plus de misère, plus de chômage", avant de s'électrocuter au contact de câbles de haute tension, a dit Ali Zari, un dirigeant syndicaliste.

L'homme est tombé inerte devant une foule ahurie, qui le suppliait de renoncer à son acte désespéré, a raconté Attia Athmouni, un opposant chargé d'un comité d'appui aux habitants de Sidi Bouzid (265 km de Tunis).

La tentative de suicide a eu lieu dans un climat de tension devant les locaux de la municipalité, selon ces deux témoins joints par l'AFP au téléphone à Sidi Bouzid, ville à vocation agricole et au taux de chômage élevé.

Vendredi dernier dans cette même ville, un autre jeune a tenté de mettre fin à ses jours pour protester contrer la confiscation par les autorités municipales des fruits et légumes qu'il voulait vendre.

Mohamed Bouazizi, 26 ans, diplômé de l'université, vendeur ambulant et seul soutien de sa famille, avait tenté en vain de récupérer la marchandise.

Désespéré et empêché de plaider son cas devant le préfet, il s'est aspergé d'essence pour s'immoler par le feu, selon la Ligue des droits de l'Homme et des témoins.

Grièvement blessé, il a été transféré dans un centre médical soignant les grands brûlés, près de Tunis, et sa famille était sans nouvelles de lui mercredi.

Ce premier incident a provoqué des protestations qui ont dégénéré samedi dernier en affrontements entre la police et des habitants en colère : ceux-ci ont mis le feu à des pneumatiques et scandé des slogans pour réclamer le droit de travailler, en soutien au jeune commerçant.

Mercredi, des sources sur place ont indiqué que la tension avait diminué à Sidi Bouzid après la libération de plusieurs manifestants appréhendés pendant le week-end.

Le pouvoir avait affirmé que ces heurts n'étaient qu'un "incident isolé" et dénoncé son exploitation à des fins politiques "malsaines" par l'opposition.