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24 avr. 2012

Battre le candidat des droites


Communiqué LDH 

La Ligue des droits de l’Homme se félicite du haut niveau de participation au premier tour de l’élection présidentielle.
 
Battre le candidat des droites

Battre le candidat des droites


Elle y voit la volonté du peuple français de restituer à la politique son rôle primordial, sans céder aux injonctions de se plier aux intérêts économiques.
La LDH constate l’ampleur du désaveu qui frappe le Président sortant. Ce qui a été sanctionné, c’est un quinquennat au service des puissants, caractérisé par des choix aggravant les injustices sociales, légitimant la xénophobie d’Etat, multipliant les atteintes aux droits et aux libertés, enfermant les citoyens dans une société de surveillance et dans une démocratie limitée. En s’en prenant à tout-va à diverses catégories de la population, parce qu’au chômage, selon leur origine, et même selon leur religion, en désignant des boucs émissaires et en attisant les peurs et les haines, Nicolas Sarkozy a légitimé les idées du Front national, qui s’en trouve plus fort que jamais.
Parce que notre pays ne peut continuer à se livrer, à lui-même, une guerre civile froide, parce que sa défaite est une étape nécessaire, il faut, le 6 mai 2012, barrer la route à Nicolas Sarkozy.

Mais, infliger une défaite au candidat sortant ne suffira pas à répondre aux angoisses et aux espoirs que traduit le premier tour des élections présidentielles. Ce sera au nouveau président de la République d’impulser une autre politique qui, dépassant l’alternance institutionnelle, ouvre la voie à une réelle alternative politique.
Rétablir un fonctionnement démocratique des institutions en supprimant le cumul des mandats, en assurant l’indépendance de la justice et en élisant les membres du Conseil constitutionnel, ainsi que les autres Autorités indépendantes, à une majorité des deux tiers du Parlement.

Bannir la xénophobie d’Etat en régularisant les sans-papiers qui étudient, vivent et travaillent ici, en ouvrant enfin un réel débat sur l’immigration, en accordant aux étrangers non européens le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales, et faire reculer le racisme en cessant de stigmatiser des catégories entières de population en raison de leur origine ou de leur religion.
Restituer aux citoyens leurs libertés en réformant profondément la justice pénale, en abolissant les lois d’exception, en rétablissant la justice des mineurs dans toute son exceptionnalité, en limitant les fichiers et leur usage à des fins proportionnées, contrôlables et à la finalité établie.

Reconstruire des services publics qui soient à la disposition de tous et auxquels tous doivent avoir accès, lancer un plan d’action pour l’hébergement d’urgence et le logement social, construire une justice fiscale et sociale qui assure la progressivité de l’impôt et la redistribution des richesses.

Construire une autre Europe, aux institutions démocratiques, dégagée du dogme de la concurrence, et ouverte sur le monde.
La LDH, au cours des mois à venir, portera ces revendications comme autant de conditions nécessaires pour que notre société cesse de produire de l’injustice et de l’exclusion, pour que se construise l’espoir d’une société plus solidaire et plus libre.

Paris, le 24 avril 2012.



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27 mars 2012

Le fichier des « gens honnêtes » censuré par le Conseil constitutionnel

Communiqué LDH 

La Ligue des droits de l’Homme se réjouit de la décision du 22 mars du Conseil constitutionnel de censurer les principales dispositions de la loi qui devait permettre de ficher l’ensemble de la population française.
 



Cette loi autorisant la création d’une carte nationale d’identité électronique munie de deux puces, l’une administrative, l’autre commerciale, s’accompagnait d’un méga fichier centralisé dans lequel aurait été enregistré l’ensemble de ces données.
Le Conseil constitutionnel a estimé que l’ampleur du fichier et des données collectées ainsi que leur emploi possible dans le cadre de recherche policière ou administrative étaient disproportionnées au regard des finalités avancées par le législateur et contraires au respect à la vie privée.
Enfin, le Conseil constitutionnel censure l’article concernant une seconde puce en raison du risque de transformation de la carte d’identité en outil de transaction commerciale.
La LDH considère que le Conseil constitutionnel a fait œuvre utile en refusant un super fichier de « gens honnêtes » qui aurait eu pour effet de répondre à une volonté d’identification et d’un contrôle social généralisés.

Paris, le 26 mars 2012.

22 mars 2012

Déclaration de Pierre Tartakowski


 « La folie homicide, quel que soit le cadre de référence dans lequel elle s'inscrit, raciste, nationaliste, xénophobe, constitue toujours un événement singulier qu'il est vain de vouloir ramener à une cause. Les revendications alléguées par le tueur présumé impliquent sa vision du monde et rien de plus. Ce type de drame frappe rarement par hasard. S'il est vrai que ce ne sont pas des propos sur la viande halal ou la supériorité des races qui ont armé le meurtrier, ils ont chargé notre pays de tensions, de haine et de craintes fragilisant le vivre ensemble. C'est la somme de ces peurs qui expliquent, au-delà de la solidarité et de la colère, l'ampleur du trouble qui sévit. Au-delà des corps qu'elles ont martyrisés, les balles tirées visaient l'école, l'armée, la République et ses valeurs d'égalité et de fraternité. D'où l'importance d'une réaction ancrée sur la défense de ces valeurs, loin de tous les amalgames et polémiques qui viseraient à faire endosser à une cause politique les dérèglements meurtriers d'un psychopathe. La LDH appelle à la vigilance pour que soit réaffirmée l'égalité entre tous ceux qui vivent et travaillent en France. »
 
 
Pierre Tartakowsky,
 
président de la Ligue des droits de l'Homme (LDH)
 
L’Humanité, 22 mars 2012

13 mars 2012

Le crachat et le rêve français…

Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration


Monsieur le ministre,


La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.


Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale économique marocaine.


Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son attachement à notre pays n’a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le 12 juillet 1998, pleurait la mort de l’abbé Pierre.


Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais la flamme de son pays d’origine ne s’éteigne vraiment. Vous ne trouverez trace d’elle dans aucun commissariat, pas plus que dans un tribunal. La seule administration qui pourra vous parler d’elle est le Trésor public qui vous confirmera qu’elle s’acquitte de ses impôts chaque année. Je sais, nous savons, qu’il n’en est pas de même pour les nombreux fraudeurs et autres exilés fiscaux qui, effrayés à l’idée de participer à la solidarité nationale, ont contribué à installer en 2007 le pouvoir que vous incarnez.


La France de ma mère est une France tolérante, quand la vôtre se construit jour après jour sur le rejet de l’autre. Sa France à elle est celle de ces banlieues, dont je suis issu et que votre héros sans allure ni carrure, promettait de passer au Kärcher, puis de redresser grâce à un plan Marshall qui n’aura vu le jour que dans vos intentions. Sa France à elle est celle de l’article 4 de la Constitution du 24 juin 1793 qui précise que «tout homme - j’y ajoute toute femme - né(e) et domicilié(e) en France, âgé(e) de 21 ans accomplis,tout(e) étranger(e) âgé(e) de 21 ans accomplis, qui, domicilié(e) en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse un(e) Français(e), ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout(e) étranger(e) enfin, qui sera jugé(e) par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis(e) à l’exercice des droits de citoyen français». La vôtre est celle de ces étudiants étrangers et de ces femmes et hommes que l’on balance dans des avions à destination de pays parfois en guerre.


Vous comprendrez, monsieur le ministre, que nous ayons du mal à accepter cette décision. Sa brutalité est insupportable. Sa légitimité évidemment contestable. Son fondement, de fait, introuvable. Elle n’est pas seulement un crachat envoyé à la figure de ma mère. Elle est une insulte pour des millions d’individus qui, guidés par un sentiment que vous ne pouvez comprendre, ont traversé mers et océans, parfois au péril de leur vie, pour rejoindre notre pays. Ce sentiment se nomme le rêve français. Vous l’avez transformé en cauchemar.


Malgré tout, monsieur le ministre, nous ne formulerons aucun recours contre la décision de votre administration. Nous vous laissons la responsabilité de l’assumer. Nous vous laissons à vos critères, à votre haine et au déshonneur dans lequel vous plongez toute une nation depuis cinq ans. Nous vous laissons face à votre conscience.


Quand le souffle de la gifle électorale qui se prépare aura balayé vos certitudes, votre arrogance et le système que vous dirigez, ma mère déposera un nouveau dossier.


Je ne vous salue pas, monsieur le ministre. 





Par Amine EL KHATMI 23 ans, étudiant en droit (master 2), Français 






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2 janv. 2012

CONVERGENCES CITOYENNES POUR LES DROITS


  • Lors de son dernier congrès à Reims, qui vous a élu président, la Ligue des droits de l’homme a tiré le bilan de ce que vous qualifiez de « révolution néoconservatrice à la française », en particulier depuis 2007. Vos quatre dernières publications annuelles de l’état des droits, à La Découverte, s’intitulent même La démocratie asphyxiée, La société de surveillance, La Justice bafouée et La République défigurée. C’est aussi grave ?
Le bilan est en effet catastrophique. L’homme qui est devenu président de la République, après avoir exercé les fonctions de ministre de l’Intérieur, est à l’origine d’une véritable révolution néo-conservatrice à l’image de ce qui a pu se produire aux Etats-Unis. Candidat, il avait expliqué que le premier acte de prévention était la répression, ou encore que tenter de comprendre la délinquance revenait déjà à l’excuser.
On a vu par la suite et sur fond d’hyper-présidence se développer une surenchère sécuritaire hystérique et une xénophobie d’État avec la désignation de boucs émissaires. Les forces de répression ont été réorganisées autour d’une politique du chiffre qui, dans le domaine de la délinquance, a généré du mauvais travail de police et, dans celui des politiques migratoires, des drames inhumains. Tout cela a abouti à un véritable gâchis politique, abîmant durablement l’image de la France dans le monde, et à un échec économique et social. Car notre pays ne peut vivre à l’écart des flux migratoires, dont il a besoin ; faire peur aux uns et aux autres pour les mettre tous en concurrence ne conduit qu’au délitement éthique et social de la société tout entière.
Car la haine concerne tout le monde. Le même gouvernement qui stigmatisait les sans-papiers s’en est pris à ceux qui les aident, les assimilant à des « passeurs », des trafiquants. Puis, ce sont les mariages mixtes qui ont été placés sous le signe de la suspicion, systématique. Et au bout de cette escalade, on a eu le discours de Grenoble à l’été 2010. Rappelons que sous couvert de dénoncer la violence, le chef de l’État y stigmatisait nommément les Roms et suggérait de traiter les Français sur un pied d’inégalité selon qu’ils soient de souche ou naturalisés. Pour le garant de la Constitution, c’était aller loin ! Le Front national a une expression pour ce type de distinction : les « Français de papiers ». Cette remise en cause de l’égalité est extrêmement grave et l’opinion publique ne s’y est pas trompée : Autour d’un collectif d’organisations syndicales et d’associations appelé Halte à la politique du pilori, nous avons pu manifester en France l’indignation de l’opinion publique.
  • On reste dans ces domaines très loin de la crise financière qui préoccupe les salariés au premier chef.
Pas si loin qu’on pourrait le croire. Ce quinquennat a également vérifié la communauté de destin entre droits civils et droits sociaux. Des lois liberticides ont été votées à un rythme impressionnant, et l’idée même de droits a été mise à mal. Ce gouvernement ne cesse ainsi de répéter qu’il y a des droits mais aussi des devoirs. Sous ce faux bon sens se cache la volonté de déraciner les droits fondamentaux, politiques et sociaux. Les devoirs ne découlent pas de nos droits, mais de nos responsabilités, et les droits, eux, ne sont pas négociables. Admettre l’inverse, c’est entrer dans cette logique en vogue qui consiste à dire « votre enfant sèche l’école, on vous coupe les allocations familiales » ou « vous avez touché le RSA, mais vous êtes un fraudeur »...
Le fait que, dans ce contexte, les travailleurs sans papiers aient réussi à travers une lutte exemplaire à apparaître comme acteurs sociaux à part entière, réclamant la justice, la couverture sociale puisqu’ils cotisent, le droit à vivre ici puisqu’ils travaillent ici, est un événement. La LDH s’honore d’avoir joué son rôle dans le G11, collectif d’organisations syndicales et associatives qui a accompagné le mouvement en articulant conflit du travail et défense de la liberté, de la dignité.
Ce mouvement a fait reculer dans l’opinion publique les clichés alors attachés aux « sans-papiers » et l’expression de « travailleurs sans papiers » s’est imposée. Il a amené plus de 7o% de l’opinion française à considérer que les injustices subies par ces travailleurs doivent cesser. Le gouvernement, qui a fait de la haine de l’étranger l’alpha et l’oméga de sa politique, a dû composer, tout en manœuvrant. Mais nous avons obtenu ensemble plus de 3 000 régularisations, fait sauter des verrous administratifs et fait vivre une solidarité qui s’est étendue bien au-delà des frontières de l’Hexagone. L’impact de ce mouvement en Afrique de l’Ouest est considérable. Reste à savoir comment continuer et renforcer la solidarité avec ces travailleurs sans papiers.
  • Vous évoquez aussi la mise à mal de nos institutions.
Parallèlement à la remise en cause des droits fondamentaux, l’hyper-président a joué avec les institutions et d’abord avec sa fonction, en réduisant celle du gouvernement. Corollaire : l’appauvrissement du dialogue démocratique et du dialogue social. Chacun sait, pour ne s’arrêter qu’au conflit des retraites, qu’il a été géré directement à l’Élysée et avec un calendrier fixé par Nicolas Sarkozy.
Or, jouer avec les institutions sous couvert de volontarisme et d’efficacité, c’est préparer des solutions autoritaires, prétendant que, dans une société complexe, il suffit d’un homme fort avec une détermination sans faille pour trouver des solutions. C’est faux et surtout dangereux. Une telle dynamique alimente en profondeur les réflexes culturels de l’extrême droite, une logique de solutions simples, à base d’écartement – de tous ceux qui posent problème – malades mentaux, jeunes, immigrés, ceux qui ressemblent à des immigrés, les Français de fraîche date...
La surenchère sécuritaire et xénophobe à laquelle se livrent actuellement l’UMP et le Front national est l’enfant naturel de cette politique. Elle défigure la République et crée une situation extrêmement dangereuse dans la phase électorale qui s’annonce.
Comment imaginer que, dans la situation économique et sociale que l’on connaît, créer des réflexes de peur et de concurrence n’appauvrisse pas la démocratie politique et le dialogue social ? Et que cela n’ait pas de conséquences dans les entreprises, encourageant ceux qui pensent qu’il faut travailler en courbant le dos ?
  • Au-delà de sa spécificité, cette politique de Nicolas Sarkozy n’est-elle pas aussi l’écho du néo-conservatisme d’outre-Atlantique, lui-même miroir des jihadistes du 11 Septembre 2001 ? Dix ans plus tard, alors que les peuples du monde arabe se soulèvent contre les dictatures, pour la liberté, la justice, la démocratie, ce néo-conservatisme ne fait-il pas figure d’anachronisme ?
Tout ce qui va mal ne relève évidemment pas de la seule personnalité de Nicolas Sarkozy. Il existe une tendance lourde de nos sociétés inquiètes, déstabilisées par les formes actuelles de la mondialisation, à demander toujours davantage de sécurité. Cette aspiration peut être toxique et asphyxiante. Des démagogues ont su en pervertir le contenu et offrir des solutions non de sécurité, mais sécuritaires. Une solution de sécurité répond à un problème donné par un arrangement social, permettant de dégager les moyens de vivre ensemble de façon paisible. Par exemple en réduisant les inégalités sociales par le biais de l’impôt. A l’inverse, une solution sécuritaire appelle les individus à se méfier des autres. Ainsi passe-t-on progressivement d’un grand service public de la police nationale à des polices municipales puis à des agences de sécurité, puis à des lobbies de la vidéosurveillance en construisant finalement une société de surveillance. C’est ce que Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, a essayé de promouvoir cet été à travers l’opérationVoisins vigilants. Une telle société est paranoïaque et individualiste, sur un mode exacerbé. Face à l’aspiration des individus de construire un avenir commun, elle oppose la vindicte et la dénonciation de boucs émissaires, choisis de préférence parmi les plus faibles, ou exalte le marché, dédouanant les décideurs de leurs responsabilités.
C’est ce qui explique, en Europe, la vague de xénophobie, notamment anti-musulmane, très inquiétante. Sur la base de l’émotion légitime soulevée par les attentats spectaculaires du 11 Septembre, on a assisté à la militarisation de la pensée politique mondiale, sous l’égide du gouvernement des États-Unis, qui n’a fait qu’exacerber les tensions au plan international. Elle n’a ni réglé le terrorisme ni « asséché le bourbier ». La caractéristique géopolitique majeure de cette décennie, c’est l’affirmation de gouvernements autoritaires, sauf en Amérique latine. Partout ailleurs, les gouvernements se sont saisis de la thématique terroriste pour réduire au silence leurs trublions respectifs. La vague des « révolutions arabes » a balayé en quelques jours des décennies de clichés sur les sociétés arabes et musulmanes et il est déplorable que la France ait été l’un des derniers pays à soutenir le régime de Ben Ali, allant jusqu’à lui proposer l’aide pédagogique de sa police antiémeutes, avant de tourner la page. Contrairement à ce que l’on nous racontait, ces sociétés n’étaient pas en voie de basculer vers le terrorisme. Il y avait – et il y a toujours – non seulement une aspiration à la démocratie, mais des forces sociales, notamment au sein de la jeunesse, prêtes à se mobiliser. Cette vague s’exprime dans tous les pays de la rive sud de la Méditerranée. À cet égard, le fait que la Ligue tunisienne des droits de l’homme ait enfin pu tenir un congrès début septembre est le signe des temps nouveaux.
  • L’aiguisement de la crise et des politiques d’austérité, en Europe en particulier, suscite la recherche de boucs émissaires et la montée des populismes nationalistes dangereux dont vous parliez, mais génère aussi d’importants mouvements sociaux, où les valeurs de solidarité sont à l’oeuvre. Quelle analyse en fait la LDH ?
La situation en Europe est extrêmement contradictoire. On assiste à une vague de fond d’ultra-libéralisation dont on vient de connaître une nouvelle phase avec l’ultimatum des agences de notation consistant à dire en substance aux États : « arrêtez de faire de la politique », c’est-à-dire de redistribuer les richesses selon des choix qui peuvent être variables. On entre là dans une période radicalement nouvelle où des agences de notation sans aucune légitimité ni compétence veulent dicter les politiques des Etats. Cette étape nouvelle est terrifiante pour les droits. La notion de droits peut alors disparaître et celle d’égalité devenir inopérante. Les droits sont suspendus à une règle d’or dont l’or est la seule règle, un pas supplémentaire vers la barbarie. Mais il serait contre-productif d’y opposer des réponses strictement nationales, tant au plan politique qu’économique. D’une part parce que l’aspiration à la démocratie est universelle même si les chemins pour y arriver sont diversifiés, leçon numéro un des révolutions arabes. Ensuite parce que, dans cette période de mondialisation, il est possible de s’appuyer sur des éléments positifs au niveau international. Dans la lutte contre les discriminations, le racisme et la xénophobie, la transcription de lois européennes en droit français a permis de dresser des barrières juridiques contre les discriminations, le racisme, le sexisme et l’homophobie. Rester lucides sur les tendances négatives lourdes charriées par la mondialisation ne doit pas conduire à sous-estimer les possibilités démocratiques et convergentes de luttes sociales au plan international voire mondial.
La question posée, de façon brûlante, est celle de l’alternative politique, D’où le succès du mot d’ordre « Indignez-vous ». Reste que l’indignation est un mode d’expression, pas un contenu. La question, et nous en avons débattu avec les Indignés d’Espagne, c’est : que faisons-nous de notre indignation ? Un élément de témoignage de ce dont nous souffrons, ou un élément de construction d’une alternative à notre souffrance ? Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas d’indignation, mais qu’il faut la transformer en exigences. Les politiques qui dominent en Europe et aux États-Unis rassemblent très largement contre elles. Nous avons besoin de régulation, de redistribution salariale, fiscale, territoriale, démocratique à travers des institutions qu’il faut moderniser, pour construire de la solidarité. Liberté, égalité, fraternité appellent qu’on redéfinisse leur contenu, et on appelle ça faire de la politique.
  • La LDH est à l’origine d’un pacte pour les droits et les libertés qui rassemble cinquante organisations syndicales et associatives, dont la CGT. De quoi s’agit-il ?
La LDH est une association politique, citoyenne. La séquence électorale qui nous attend ne la laisse pas indifférente, qu’il s’agisse de la présidentielle ou, plus importantes encore, des législatives. Quel qu’il soit, le vainqueur de l’élection présidentielle devra gouverner avec une majorité qui risque d’être instable. L’élection présidentielle, en admettant qu’elle soit remportée par la gauche, ne constituerait d’ailleurs pas en soi une solution. Les Français ont donc besoin de débats de fond qui s’enracinent sur les problèmes qu’ils expérimentent et qui préparent des choix alternatifs. Ce qui nous a amenés à proposer à nos partenaires un pacte pour les droits et les libertés. Au cours de la campagne de débats « Urgence pour les droits, urgence pour les libertés », nous avons constaté à la fois la diversité et la richesse des préoccupations et une extraordinaire dispersion des acteurs sociaux et associatifs. Cette diversité ne peut pas faire programme, mais on ne saurait faire programme politique en l’ignorant. L’ambition du pacte est de créer les conditions pour que les citoyens puissent se référer à un ensemble de propositions concrètes et pratiques pour dire aux candidats : « voilà ce que propose une partie non négligeable de la société civile, à quoi vous engagez-vous à ce sujet ? » Il s’agit donc tout à la fois du droit de vote des étrangers aux élections locales, de la fin des contrôles aux faciès — ce qui permettrait de consacrer les forces de police à de vraies tâches de sécurité publique —, de la fin du cumul des mandats, du respect des libertés syndicales à l’entreprise notamment dans les TPME que réclament entre autres la CGT et la CFDT... Le pacte regroupe un certain nombre de propositions qui répondent à la crise civique et sociale, leur donne de la visibilité et de la force, sans impliquer que les acteurs soient responsables de ce que proposent les autres.
Nous voulons maintenant faire vivre cette convergence d’aspirations et de propositions. Jusqu’à présent, nous avons privilégié l’expression locale des organisations. Nous allons entrer dans une période de visibilité nationale avec un agenda de rencontres avec les candidats permettant de nourrir un échange sur des questions fondamentales concernant la vie des Françaises et des Français, de tous ceux qui travaillent en France. Cela suppose force et ténacité ; mais il n’y a pas d’autre choix, sauf à se disperser et se condamner à n’être que spectateur. Or, nous ne sortirons de la crise actuelle que par une solidarité construite sur la redistribution, ou bien elle s’exacerbera dans la lutte de tous contre tous, autrement dit, la barbarie. Face aux politiques financières et économiques qui prévalent dangereusement à l’heure actuelle en Europe, il nous faut impérativement mettre en synergie les forces de la société civile, nous placer en situation de jouer notre rôle. À notre place, rien que notre place, mais toute notre place
Entretien réalisé par Isabelle Avran

26 déc. 2011

Non au transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides !




De son vivant, le général Bigeard a toujours bénéficié de l’admiration des forces politiques les plus réactionnaires et de leur soutien actif. Et voici qu’une année après sa mort, il est de nouveau utilisé pour une manœuvre politicienne, orchestrée par le ministre de la Défense, dont le passé d’extrême droite est connu : le transfert aux Invalides de ses cendres.
Cette initiative est doublement pernicieuse.
D’une part, il y a une certaine indécence à mettre Bigeard au rang d’autres grands militaires qui y reposent, parfois depuis des siècles. On peut avoir des analyses critiques sur tel ou tel d’entre eux, mais beaucoup mirent leur génie au service de la défense du territoire français.
D’autre part, et surtout, une telle initiative serait une insulte à divers peuples qui acquirent au prix fort, naguère, leur indépendance. Ces pays sont libres depuis des décennies, ils ont le plus souvent des relations cordiales avec le nôtre. A-t-on pensé un instant quel signal le gouvernement français s’apprête à leur envoyer ? Est-ce du mépris à l’état pur ou de l’inconscience ?
On nous présente cet officier comme un héros des temps modernes, un modèle d’abnégation et de courage. Or, il a été un acteur de premier plan des guerres coloniales, un « baroudeur » sans principes, utilisant des méthodes souvent ignobles. En Indochine et en Algérie, il a laissé aux peuples, aux patriotes qu’il a combattus, aux prisonniers qu’il a « interrogés », de douloureux souvenirs. Aujourd’hui encore, dans bien des familles vietnamiennes et algériennes, qui pleurent toujours leurs morts, ou dont certains membres portent encore dans leur chair les plaies du passé, le nom de Bigeard sonne comme synonyme des pratiques les plus détestables de l’armée française.
Nous n’acceptons pas que la notion d’héroïsme soit liée à l’histoire de cet homme. Lors des guerres coloniales conduites par la France, les vrais héros étaient ceux qui, dans les pays colonisés, luttaient pour la liberté et l’indépendance de leurs peuples, ceux qui, en métropole, ont eu la lucidité de dénoncer ces conflits, si manifestement contraires au droit international, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à l’intérêt même de la nation française.
L’objectif aurait été de réveiller les guerres mémorielles que les manipulateurs à l’origine de cette initiative ne s’y seraient pas pris autrement.
Nous exigeons que le gouvernement français renonce à cette initiative historiquement infondée, politiquement dangereuse et humainement scandaleuse.

23 nov. 2011

Mobilisation devant l’Ambassade du Bélarus pour demander la libération d’Ales Bialiastki, vice-président de la FIDH et président du Centre des droits de l’Homme Viasna


Mobilisation devant l’Ambassade du Bélarus le vendredi 25 novembre à 13h45 à l’appel de la FIDH, de la LDH, du Comité vietnam pour la défense des droits de l’Homme (CVDDH), de la Ligue de défense des droits de l’Homme en Iran (LDDHI), du Mouvement lao pour les droits de l’Homme et de la Fondation Armanshahr – Open Asia 

http://www.ldh-france.org/Mobilisation-devant-l-Ambassade-du
La FIDH appelle à un événement international de solidarité en soutien à son vice-président, dans tous les pays où elle a un bureau ou une organisation membre.
À Paris, les membres du bureau international de la FIDH, venus de Turquie, du Maroc, d’Egypte, d’Argentine, des Etats-Unis, de Colombie, de RDC, de Finlande, de Mauritanie, de Palestine, du Zimbabwe, de Thaïlande, du Mexique, de Tunisie, de Malaisie et d’Arménie dénonceront devant l’Ambassade du Bélarus la détention arbitraire de leur vice-président, et demanderont sa libération immédiate et inconditionnelle.

Ils seront accompagnés de Pierre Tartakowsky, président de la LDH France, Vo Tran Nhat, secrétaire exécutif du Comité vietnam pour la défense des droits de l’Homme (CVDDH), Karim Lahidji, président de la Ligue de défense des droits de l’Homme en Iran (LDDHI), de Guissou Jahangiri, présidente de la Fondation Armanshahr/Open Asia et d’un réprésentant du Mouvement Lao pour les droits de l’Homme.

Un lâcher de ballons et le déploiement d’un cerf-volant géant sont prévus.

Des événements organisés par les organisations membres de la FIDH sont prévus ce même jour sur tous les continents et en particulier à :

- Bruxelles (Belgique), avec la Ligue belge des droits de l’Homme
- Buenos Aires (Argentine), avec le Comité d’action juridique (CAJ)
- Bishkek (Kirghizstan), avec Citoyens contre la corruption (CAC) et Kylym Shamy
- Tbilissi (Géorgie), avec le Centre d’information et de documentation des droits de l’Homme (HRIDC)
- Helsinki (Finlande), avec la Ligue finlandaise des droits de l’Homme (FLHR)
- Zagreb (Croatie), avec le Comité civique pour les droits de l’Homme (CCHR)

Vendredi 25 novembre
de 13H45 à 14H45
Place de la porte de Passy
Face à l’Ambassade du Bélarus
(38 bd Suchet Paris 75016)

RAPPEL DES FAITS

Ales Bialiatski, vice-président de la FIDH et président du Centre des droits de l’Homme VIASNA est emprisonné depuis le 4 août 2011 au Bélarus. Il est accusé d’évasion fiscale à grande échelle.
Son procès a débuté le 2 novembre 2011. Il encourt jusqu’à 7 ans de prison ferme. Le verdict devrait tomber jeudi 24 ou vendredi 25 novembre.

« L’arrestation d’Ales Bialiatski est le résultat clair d’une volonté politique visant à briser et décourager les militants des droits humains au Bélarus. La FIDH et son organisation membre, Viasna, se portent garants de l’innocence d’Ales Bialiatski et appellent à sa libération immédiate et inconditionnelle », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.
« Les autorités bélarusses ont, depuis les dernières élections présidentielles en décembre 2010, intensifié la représsion menée contre les défenseurs des droits humains. Ales n’a pas échappé à cette logique liberticide et nous craignons que les autorités fassent de son procès un exemple pour dissuader toute voix dissidente de s’exprimer », a souligné Artak Kirakosyan, secrétaire général de la FIDH.
Pour plus d’information sur les circonstances de l’arrestation d’Ales Bialiatski et le déroulement de son procès




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Chiffonnage : à la demande de la LDH, le tribunal administratif suspend l’arrêté « anti-pauvres » du maire de Nogent-sur-Marne

Communiqué LDH


http://www.ldh-france.org/Chiffonnage-a-la-demande-de-la-LDH 
Le tribunal administratif de Melun vient de faire droit à la requête de la LDH en prononçant la suspension de l’arrêté « anti-chiffonnage » du maire de Nogent-sur-Marne qui s’était substitué à l’arrêté « anti-fouilles de poubelles » mais dont l’objectif était le même : chasser les pauvres de sa commune. 

La LDH salue tout d’abord un élément jurisprudentiel d’importance dans le refus de la stigmatisation des pauvres et des marginaux par le biais d’un arrêté anti-chiffonnage. La LDH, requérante, se félicite de cette décision qui met un terme à une série de mesures prises depuis un an par cette municipalité visant à la répression des pauvres et des personnes en grande nécessité.
De plus, l’urgence à suspendre une décision municipale leur portant un lourd préjudice a été reconnue au motif que ces personnes devaient pouvoir continuer à utiliser librement le domaine public, de surcroît, durant la période hivernale. Il convient que les maires comprennent que faire disparaître les pauvres de l’espace public – qui appartient à chacun comme le rappelle la suspension prononcée par le tribunal –, est non seulement injuste mais aussi illégal.
Dans le contexte actuel durci par la crise, la LDH continuera à se battre sur le terrain pour une politique sociale publique qui aura comme objectif principal la lutte contre les inégalités et les discriminations.

Paris, le 21 novembre 2011.

22 nov. 2011

Hommage à Danielle Mitterrand

Communiqué LDH 
La LDH salue la mémoire de Danielle Mitterrand. Elle fut une infatigable militante et elle a su, en toutes circonstances, préserver ses engagements. 

Regardant l’action politique comme un devoir, Danielle Mitterrand a fait la démonstration d’une volonté permanente d’agir en faveur des plus démunis de ce monde. Au-delà de son rôle public, elle a su donner l’image d’une femme libre, qui ne pliait pas face aux contraintes et aux contingences. La LDH adresse à ses proches et à la Fondation France Libertés ses condoléances.

Paris, le 22 novembre 2011.


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15 nov. 2011

La LDH s’engage pour l’effectivité du droit de vote en prison

Communiqué LDH 

L’année 2012 sera une année de rendez-vous électoraux, avec comme principale échéance l’élection présidentielle. La Ligue des droits de l’Homme rappelle qu’une personne détenue est un citoyen à part entière. Les personnes incarcérées qui ont conservé leurs droits civiques doivent en conséquence pouvoir exercer leur droit de vote. Ce n’est pas le cas.
 


L’accès au vote en prison reste très difficile en pratique, empêchant la volonté exprimée des personnes détenues d’exercer leur devoir de citoyen. Les démarches à engager sont longues, complexes et leur succès aléatoire d’un établissement à l’autre : renouvellement d’une carte d’identité, nécessité de domiciliation, inscription sur les listes électorales, recherche et désignation d’un mandataire extérieur, obstacles à l’expression confidentielle du choix de vote… Ce parcours peut, en outre, se voir anéanti par un transfert de la personne détenue à l’initiative de l’institution. Ce processus particulièrement complexe, et souvent inadapté, rend virtuel l’exercice du droit de vote en détention. Comment exiger des personnes détenues un engagement personnel constitutif d’un retour effectif à la citoyenneté, sans les reconnaître comme sujets de droit ? Pourquoi accepter que l’emprisonnement fasse obstacle au droit élémentaire reconnu à tout citoyen de participer à l’expression de la volonté générale ? C’est dans une perspective citoyenne et politique que la Ligue des droits de l’Homme fait campagne auprès de l’administration pénitentiaire pour que les droits reconnus aux détenus ne soient pas bafoués. La LDH demande au gouvernement de donner sans délai l’instruction aux directions départementales de l’administration pénitentiaire et aux directeurs d’établissement de prendre les dispositions en vue de favoriser l’inscription sur les listes électorales des personnes détenues, la désignation des mandataires, et plus généralement l’information et le nécessaire accompagnement, afin de rendre dès maintenant effectif le droit de vote dans les lieux de détention.



Voir le site de la Ligue des Droits de l'Homme


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21 juil. 2011

Egun on

horra mezu honi lotua Daniel DERGUY-ren sostenguz petizioa, hautetsiei
igorria.

Ados bazira honen izenpetzeko, lehenbailehen igor berriz mailez
zure izena / deitura / kargua. OSTEGUNA azken epea.

Zuen inguruko beste hautetsiei pasa mozio hau eta heien izena ere igor (ados badira noski)

Panpi DIRASSAR

18 juil. 2011

double nationalité, l'ombre s'étend

Deux lois récentes (art. 18 de la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011 et articles 1er à 7 de la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011) ont modifié le droit de la nationalité, contraignant davantage encore les prétendants.
(art 21-27-1 du code civil). Les personnes qui demandent à acquérir la nationalité française par décision de l’autorité publique (naturalisation notamment), ou par déclaration, doivent désormais "déclarer à l’autorité compétente la ou les nationalités qu’elles possèdent déjà, la ou les nationalités qu’elles conservent en plus de la nationalité française ainsi que la ou les nationalités auxquelles elles entendent renoncer. "

L'administration ne perd pas de temps. Il y a déjà les imprimés ( ci dessous)? Et ça vous fait penser à quoi? Moi, il me semble que de vieilles et terribles ombres s'étendent sur nous.

C'est une première étape des idées UMP-FN sur la double nationalité. D'abord on déclare qu'on a d'autres nationalités, on e

st donc fichés comme bi-national. Ensuite, ce sera interdit... il suffit d'attendre la prochaine loi..

L'administration ne perd pas de temps. Il y a déjà les imprimés

25 juin 2011

Elle court, elle court Aurore Martin

Ses sympathisants tiennent en échec les forces de l'ordre. Aurore Martin pourrait même défiler aujourd'hui dans les rues de Bayonne

Mais où est Aurore Martin ? La militante basque ne se cache plus. Cependant, bien que sortie de la clandestinité il y a une semaine, elle paraît toujours aussi insaisissable. Comme si ceux qui accueillent, protègent et accompagnent cette femme de 32 ans tissaient autour d'elle une chaîne invisible mais efficace.

...

La jeune femme a épuisé tous les recours juridiques possibles. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau en novembre 2010 puis la Cour de cassation ont validé la légalité du deuxième mandat d'arrêt européen décerné par un juge madrilène.

Imprécis et lacunaire, le premier avait été rejeté par les autorités judiciaires françaises. Le second a été accepté quelques mois plus tard, même si deux des trois accusations portées par le magistrat espagnol n'ont pas été jugées recevables.

Aurore Martin avait perçu courant 2007 et en deux fois 24 000 euros. Les deux versements avaient été opérés depuis un compte bancaire domicilié à Barcelone et détenu par le Parti communiste des terres basques, une formation interdite en 2008. Ces transferts financiers ne pouvaient pas justifier la remise de la jeune femme aux autorités espagnoles, l'encaissement des fonds étant antérieur à la prohibition de ce parti. Madrid ne pouvait pas non plus lui tenir grief d'avoir participé à des réunions publiques en France où son parti, Batasuna, est autorisé.

Lire sur le site de Sud Ouest

24 juin 2011

Liberté, égalité, fraternité… Retrouver la République

Rassemblement le 14 juillet à 11h00, place de la Bastille à Paris et dans de nombreuses villes de France

Depuis bientôt un an, les plus hautes autorités de l’Etat s’acharnent à dresser les citoyens les uns contre les autres. Elles ont successivement jeté à la vindicte publique les Roms et les Gens du voyage, les Français d’origine étrangère, les habitants des quartiers populaires, les chômeurs et précaires qualifiés d’« assistés »… Elles ont ressorti le vieux mensonge d’une immigration délinquante, elles pratiquent la politique de la peur et de la stigmatisation.

Nous avons manifesté le 4 septembre 2010, dans toute la France, contre ce dévoiement de la République. Aujourd’hui, chacun mesure la terrible responsabilité de ceux qui ont donné un label de respectabilité aux idées d’extrême droite, à la xénophobie, à la haine et au rejet de l’autre. De dérapages verbaux en pseudo-débats, de crispations identitaires en reculs sociaux, la voie a été grande ouverte à une crise démocratique encore plus grave que celle du 21 avril 2002.

Parce que nous sommes attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom à tous. Nous refusons que la peur soit utilisée pour faire reculer nos libertés, que les inégalités soient encouragées par l’injustice fiscale, le recul des droits sociaux et la démolition des services publics.

Nous refusons cette République défigurée ; celle que nous voulons, c’est la République « laïque, démocratique et sociale » que proclame notre Constitution ; celle du 14 juillet 1789, du rassemblement populaire de 1936 ; celle, enfin, du Conseil national de la Résistance. Celle qui s’attache inlassablement à garantir à tous l’égalité en dignité et en droits, l’égale liberté, l’égal respect de la part de ceux qui les gouvernent.

C’est pourquoi nous lançons un appel solennel au rassemblement de toutes et tous, à la mobilisation des consciences pour le retour de cette République que nous voulons plus que jamais libre, égale et fraternelle.

Deux cent vingt-deuxième anniversaire de la prise de la Bastille, ce 14 juillet est le dernier avant l’échéance présidentielle de 2012. Sachons nous en saisir, nous rassembler pour fêter la République de la meilleure manière qui soit : en appelant nos concitoyennes et concitoyens à faire respecter ses valeurs, aujourd’hui et demain.

RASSEMBLEMENT le 14 juillet 2011, à 11h00 Place de la Bastille à Paris et ce même jour dans de nombreuses villes de France

NON A LA POLITIQUE DU PILORI

www.nonalapolitiquedupilori.org

Télécharger le tract

21 juin 2011

Manifeste : Abrogation des législations d’exception en Europe, abrogation du mandat d’arrêt européen tel qu’il existe, pour la liberté d’Aurore Martin.

Communiqué commun

En décembre dernier, la cour d’appel de Pau, puis la cour de cassation, ont validé le mandat d’arrêt européen délivré par les autorités espagnoles à l’encontre d’Aurore Martin, militante de l’organisation indépendantiste basque Batasuna. Depuis cette décision, Aurore Martin vit cachée afin d’éviter sa remise aux autorités espagnoles et les années de prison qui pourraient en découler.
La validation de ce mandat d’arrêt européen a suscité de nombreuses réactions de réprobation tant en Pays basque qu’au niveau hexagonal. Le conseil régional d’Aquitaine a voté une motion de dénonciation de ce renvoi, la majorité des conseillers généraux des Pyrénées-Atlantiques sont allés dans le même sens. En Pays basque, le soutien à Aurore est porté par toutes les tendances de l’échiquier politique démocratique, les représentants et élus de toutes ces formations politiques se sont positionnés et mobilisés (UMP, Modem, PS, PC, PG, Les Verts, NPA, Batasuna, Abertzaleen Batasuna).

Depuis quelques mois, plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives réfléchissent ensemble sur la prise d’une initiative unitaire de façon à renforcer la mobilisation contre la remise aux autorités espagnoles d’Aurore Martin, pour demander l’abrogation des législations d’exception en Europe, pour demander l’abrogation du mandat d’arrêt européen tel qu’il existe, et pour réfléchir à la mise en place du processus démocratique en Pays basque.

Notre première activité a été la rédaction d’un manifeste, que nous vous présentons aujourd’hui par le biais de ce communiqué de presse. De plus, nous, les premiers signataires de ce manifeste, nous nous joignons à l’appel à la mobilisation lancé en Pays basque pour la journée du 18 juin 2011. Cette journée, organisée sous le thème « Liberté pour Aurore Martin, respect des droits civils et politiques », aura lieu à Biarritz, à la halle d’Iraty. En journée, deux tables rondes aborderont les questions des lois d’exception et du mandat d’arrêt européen et de leurs conséquences sur les libertés démocratiques, ainsi que la question de la résolution du conflit (les intitulés et intervenants de ces réunions vous seront communiqués plus tard). La soirée débutera par un meeting et se terminera par une fête populaire. Nous appelons à participer activement et massivement à cette journée.

Téléchargez le manifeste et la liste des premiers signataires.

Le 19 mai 2011

Solidarité avec Aurore Martin

Communiqué commun LDH / FIDH
Les forces de l’ordre tentent d’arrêter Aurore Martin pour la livrer aux autorités espagnoles.
La FIDH et LDH réaffirment que l’exécution de ce mandat d’arrêt constitue une violation des libertés civiles et politiques, en France comme en Espagne. Elles demandent que l’intervention des forces de l’ordre cesse.

Penser les Droits de l'Homme et agir dans un monde global

Penser les Droits de l'Homme et agir dans un monde global

Résolution 86e congrès de la LDH à Reims – 13 juin 2011

Depuis qu’ils ont été proclamés par les révolutionnaires de 1789, les droits de l’Homme sont au centre d’un combat sans cesse renouvelé et enrichi. Aux libertés civiles et politiques sont venus s’ajouter les droits économiques, sociaux et culturels puis, au fur et à mesure de l’ouverture de champs nouveaux, les droits liés à une utilisation des biotechnologies, le droit d’accès aux technologies de l’information et de la communication, ou l’environnement et les conditions de développement de l’espèce humaine.
Aux acteurs associatifs exerçant dans des limites nationales et embrassant l’ensemble du domaine des droits de l’Homme, se sont ajoutés et parfois substitués des organisations internationales ou des groupements plus spécialisés, sans compter l’irruption des opinions publiques et des individus devenus capables d’intervenir par eux-mêmes, en tissant des réseaux aux facultés immenses.
Le contexte géopolitique est lui-même profondément modifié, non seulement en raison de la disparition des deux blocs, mais aussi en raison d’une globalisation qui a entraîné des bouleversements dans la vie des individus, des peuples et des Etats.
La « déraison économique », accentuée par la financiarisation et les dérèglements actuels du capitalisme mondialisé, a entraîné des dégâts considérables, accroissant les inégalités, renforçant des firmes multinationales, financières ou non, sans égard pour les individus, les peuples ou notre environnement. Cette mondialisation économique est étroitement liée à une mondialisation culturelle qui tend à uniformiser les comportements et risque de détruire progressivement la diversité des cultures. C’est ainsi qu’elle pénètre les sociétés politiques nationales et conditionne directement la vie quotidienne des individus qui sont devenus, de fait, des acteurs mondiaux.
En raison de la tendance à l’uniformisation au profit des intérêts économiques les plus puissants, cette globalisation menace l’universalité des droits. A l’identique imposé répond souvent un identitaire défensif qui privilégie un impossible repli sur soi et un individu en guerre avec chacun pour survivre. Mais répond aussi un mouvement positif pour un autre monde plus solidaire.
En même temps, les législations nationales sont soumises à des accords et traités internationaux issues d’une ébauche de gouvernance mondiale ou régionale. Des juridictions internationales ont été créées pour censurer la violation des libertés fondamentales par un Etat, et les crimes contre l’humanité peuvent être déférés à une Cour internationale.
Notre époque porte des défis planétaires formidables ; beaucoup sont formidablement inquiétants. Est-il possible d’affronter ces défis à partir des droits de l’Homme et avec quels instruments ? Autrement dit, les droits de l’Homme peuvent-ils encore produire un corpus universel tissé et décliné à partir de droits singuliers, c'est-à-dire dans une configuration cosmopolitique ? Ne serait-ce pas de fait cette citoyenneté que nous voulons à l’échelle humaine ?
Au rang des principes fondateurs demeure l’affirmation de l’unicité de l’humanité et de l’égalité en droits de tous les membres de la famille humaine. De ce postulat découle la reconnaissance de l’universalité des droits de l’Homme, applicables sans limites géographiques et quelles que soient les cultures et les civilisations. Eliminer toutes les inégalités subies par les femmes, voici un objectif
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essentiel si l’on veut assurer concrètement l’égalité des droits. Mettre fin aux dictatures et construire un Etat de droit, respecter la dignité de tous, voici ce qui anime tous les peuples, y compris, pour ceux qui en doutaient, les peuples du monde arabe.
L’indivisibilité des droits s’inscrit dans la même démarche. Au-delà des contingences relevant de la nature même d’un droit, rien ne justifie une quelconque hiérarchie entre les droits de l’Homme. Tous ont la même légitimité et tous doivent recevoir application. Exiger la justice sociale, un droit égal à l’éducation et à la santé, l’accès à l’eau, à la terre et à un environnement viable, protéger l’humanité du mauvais usage des biotechnologies, etc., voici qui transcende les cultures et qui n’est pas dissociable des libertés civiles et politiques.
Notre refus de la raison d’Etat et de la raison économique ne peut se borner à une démarche purement hexagonale. La Déclaration universelle des droits de l’Homme constitue le socle d’une démocratie mondiale vivante. Plus que jamais elle continue à avoir besoin de déclinaisons face à des problèmes nouveaux qui s’inscrivent dans des univers géographiques dépassant les frontières des Etats-nations, sans pour autant en nier l’existence. Il nous faut penser une citoyenneté mondiale et, notamment, un droit fondamental à la citoyenneté pour les résidents des différents Etats, afin de prendre en compte la réalité des migrations.
Ceci implique aussi de reconnaître à chaque peuple les voies qui lui sont propres pour atteindre des objectifs qui, eux, sont communs à l’humanité. L’universalité réelle des droits de l’Homme ne réside pas dans le décalque d’un prétendu modèle occidental qui n’a d’ailleurs cessé de délivrer un double discours. Les voies vers l’universalité des droits sont multiples et cette diversité doit être reconnue pour éviter les tentations relativistes et les affrontements identitaires.
Répondre aux conséquences de la globalisation, c’est aussi définir des objectifs communs servant des « intérêts publics mondiaux ». Il faut renforcer la synergie de nos combats en faveur des libertés publiques et politiques, de l’égalité radicale en droit entre les sexes et tous les êtres humains, des droits des enfants, et en faveur du développement des « biens publics mondiaux » que sont la préservation de l’humanité et de la planète. L’accès de tous à tous les droits et la protection de notre planète impliquent un juste partage des richesses et une gestion démocratique de ces « biens publics mondiaux ».
Pour cela, nous devons imaginer des institutions internationales qui défendent le sens et les valeurs des droits, qui les intègrent aux grandes négociations quel qu’en soit le sujet. Nous devons, à partir des droits et de nos expériences, définir de nouvelles normes de responsabilités sociales, démocratiques et environnementales qui s’imposent aux acteurs politiques, financiers et économiques.
La LDH appelle à une réinvention générale de la démocratie. Cette démarche ne va pas de soi parce qu’à l’inverse du passé, elle exige que nos combats quotidiens s’appuient sur un « vivre ensemble » mondial. Pour poursuivre notre tâche, répondre aux attentes, nos structures, nos méthodes, les stratégies des organisations de droits de l’Homme doivent aussi se réformer. Il faut repenser nos formes d’organisation pour y intégrer tous les acteurs, y compris individuels, qui interviennent sur la scène publique, et tisser de larges alliances avec les différents acteurs de la société civile mondiale, organisations syndicales et associatives.

Adoptée à l’unanimité, moins 7 abstentions.

86ème Congrès de la Ldh à Reims - 13 juin 2011

Projet de texte de la nouvelle constitution Marocaine

Le Bulletin officiel du Royaume du Maroc du 17 juin 2011; le texte de la nouvelle Constitution qui sera soumis au référendum le 1er juillet 2011.

Sur le site du Secrétariat Genéral du Gouvernement du Maroc

Vous pouvez trouver le texte du Bulletin Officiel du Royaume du Maroc en français

17 juin 2011

Huit ans après la rafle d’Auvers-sur-Oise, la justice d’exception « antiterroriste » renonce à poursuivre des réfugiés iraniens

Communiqué LDH

Il y a huit ans jour pour jour, la justice d’exception « antiterroriste » française déclenchait une rafle visant les opposants à la dictature iranienne réfugiés en France du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Il est très rapidement apparu que cette vaste opération politico-judiciaire, visant de prétendues infractions de terrorisme et de financement d’activités terroristes, ne reposait sur aucun élément sérieux et ne pouvait s’expliquer que par la volonté de donner des gages au régime de Téhéran dans le contexte de négociations commerciales intergouvernementales.


La LDH a toujours soutenu les réfugiés iraniens visés par cette procédure, à la fois parce qu’elle demande la disparition de la justice d’exception qui en est à l’origine et parce qu’en l’espèce l’atteinte au droit d’asile et à la liberté des personnes visées n’était justifiée par aucun fondement sérieux d’ordre public.

Après huit années d’enlisement, le juge d’instruction a enfin prononcé, en mai dernier, le non-lieu qui s’imposait. La LDH rappelle à cette occasion que la justice britannique puis la Cour de justice de l’Union européenne, ont annulé l’inscription des organisations de ces réfugiés iraniens sur les listes d’organisations considérées comme terroristes. Il reste à présent à réparer le préjudice porté pendant des années au CNRI et aux personnes poursuivies, notamment en leur reconnaissant désormais la pleine liberté dont ils ont été injustement privés.

Vis-à-vis du régime iranien comme vis-à-vis de l’ancienne dictature tunisienne, la complaisance des gouvernants français, ici plus discrète, là plus tapageuse, a conduit à ignorer, voire à entraver, l’action des opposants aux despotes. La proposition de prêter des forces de police à Monsieur Ben Ali a légitimement scandalisé l’opinion publique française. L’instrumentalisation de la justice pour servir des tractations avec ceux qui font tirer sur des manifestants désarmés dans les rues de Téhéran n’est pas plus à l’honneur des pouvoirs publics français.

Paris, le 17 juin 2011

Halte aux massacres : rassemblement de solidarité avec le peuple syrien

Samedi 25 juin à 14h00 devant le Panthéon

Le régime de Bachar al Assad, sourd aux protestations des syriens et de la Communauté internationale, intensifie la répression à huis clos sur la population syrienne. Les arrestations perpétrées par les autorités, les tués les torturés, et les disparitions se comptent par milliers, le bilan s’alourdit chaque jour.

Nous refusons de rester passifs face à la poursuite du massacre de la population civile syrienne et l’impunité des criminels.

Il est grand temps d’engager une campagne de solidarité avec la population syrienne pour exiger l’arrêt immédiat des exactions, crimes et massacres à l’encontre des populations civiles de Syrie perpétrés par Bachar al Assad et son régime.

Autant de crimes pouvant être qualifiés par les organisations humanitaires et par l’ONU de crimes contre l’humanité. Nous en appelons à la Communauté Internationale pour que le Conseil de Sécurité des Nations Unies saisisse le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de la situation en Syrie et mette en oeuvre des sanctions contre tous les responsables.

Nous invitons l’ensemble des représentants de la société civile, les organisations humanitaires, politiques, syndicales, et de défense des droits de l’Homme à se rassembler :

Samedi 25 juin à 14 heures

Devant le Panthéon rue Soufflot 75005 Paris

Metro : Luxembourg Cortège jusqu’à la Place de la Sorbonne

Chaque jour perdu est une chape de plomb qui s’abat un peu plus sur le peuple syrien.

Le Collectif Urgence Solidarité Syrie – Comité de la déclaration de Damas - Collectif du 15 mars pour la démocratie en Syrie - Souria Houria - Les jeunes de la révolution syrienne 2011 - Comité de soutien au soulèvement syrien - Association des amis de Samir Kassir - Rassemblement pour la démocratie au Liban.

PC - PG - PS - EE les Verts - MRAP - ACAT- Amnesty International - LDH - FIDH