" La conception managériale du soin et l'hôpital-entreprise ne constituent qu'une étape supplémentaire de la longue histoire du rationalisme économique occidental qui exerce sa puissance de contrôle social et d'asservissement subjectif au nom même des libertés individuelles et des dispositifs sécuritaires qui les accompagnent. Les experts au premier rang desquels se placent les scientifiques, les médecins et les économistes deviennent alors « Les scribes de nos nouvelles servitudes » (R. Gori). La rationalisation technique, économique et comptable exigée par les pouvoirs décisionnaires, les discours de compétition et d'excellence et les pratiques asservissantes de l'évaluation engendrent une véritable crise des valeurs des professionnels. La souffrance au travail est le nom des effets de ces pratiques. Face à de telles mutations anthropologiques quelles sont les possibilités aujourd'hui d'exercer nos métiers ? La résistance à cette casse des pratiques professionnelles consiste en premier lieu à analyser et à déconstruire le fonctionnement de ces dispositifs de normalisation et à nous engager dans une culture des métiers, de leur éthique et de leur finalité spécifique tout en créant de nouvelles solidarités. "
Dr Marie-José Del Volgo
Argument préparatoire à la conférence-débat qui se se tiendra le
Vendredi 17 Juin à 20h00, à l'amphi de la Chambre des Métiers, rue René Cassin à Agen,
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9 juin 2011
3 juin 2011
Escherichia coli : La folle hypothèse du gaz de schiste
Le concombre espagnol ayant été acquitté, les scientifiques cherchent la source de la contamination en Allemagne.
Le concombre espagnol mis hors de cause, on se demande pourquoi l'Allemagne n'explore pas davantage la piste sur son propre sol.
...
Hypothèse « folle »
Le professeur français André Picot, toxicologue de haute volée, suggère dans une interview (lire ci-dessous) une autre explication, dont il dit lui-même qu'elle est « folle ». Il se demande si les forages concernant les gaz de schiste qui viennent de commencer en Basse-Saxe n'ont pas quelque chose à voir avec cette épidémie.
...
Voir le site de Sud-Ouest
Le concombre espagnol mis hors de cause, on se demande pourquoi l'Allemagne n'explore pas davantage la piste sur son propre sol.
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Hypothèse « folle »
Le professeur français André Picot, toxicologue de haute volée, suggère dans une interview (lire ci-dessous) une autre explication, dont il dit lui-même qu'elle est « folle ». Il se demande si les forages concernant les gaz de schiste qui viennent de commencer en Basse-Saxe n'ont pas quelque chose à voir avec cette épidémie.
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Voir le site de Sud-Ouest
3 mai 2011
MANIFESTE DES MEDECINS SOLIDAIRES
MANIFESTE DES MEDECINS SOLIDAIRES
D
Médecins, chargés de soigner, dépister, prévenir les maladies de nos patients, nous ne pouvons pas rester indifférents devant l’accroissement des mesures qui tendent à restreindre l’accès aux soins remboursés et à privatiser la sécurité sociale,
=> NOUS REFUTONS LA CAMPAGNE IDEOLOGIQUE RECURRENTE :
_ NOUS REFUSONS que l’on déplore l’augmentation des coûts de santé dans l’un des pays les plus riches du Monde. C’est une marque de civilisation que les techniques médicales et chirurgicales progressent et soient accessibles à tous. Loin de s’en réjouir, les pouvoirs publics prennent prétexte de l’augmentation des dépenses de santé pour livrer aux assurances privées l’édifice de solidarité.
_ NOUS REFUTONS l’analyse selon laquelle le déficit de la Sécurité Sociale serait dû avant tout à un excédent de dépenses et non à un manque de ressources, qui, de notoriété publique, est lié à la baisse de la masse salariale - qui creuse les inégalités - et aux dettes impayées..
_ NOUS SOMMES SCANDALISÉS par la campagne idéologique de culpabilisation à l’égard des médecins et des malades, accusés de dépenser trop, de refuser de prendre des risques, d’être assoiffés de soins, d’examens coûteux, alors que les renoncements aux soins explosent.
_ NOUS SOMMES OPPOSES aux mesures dites de « responsabilisation » qui en découlent et qui augmentent ce que chacun doit payer individuellement pour se soigner
_ NOUS DENONÇONS le contrôle social de la population : La carte vitale permet des remboursements plus rapides mais sert à les individualiser et à les brouiller. Maintenant, la photo transforme les malades aux yeux des soignants en fraudeurs potentiels. Nous refusons ce dénigrement. Nous soignons des personnes dignes de respect, insérées dans une société productiviste et inégalitaire. Nous refusons que la carte vitale devienne un instrument de fichage médical de la population, inexorablement dangereux pour les libertés.
=> NOUS CONTESTONS LES POUVOIRS EXORBITANTS, L’AUTORITARISME des directions de la sécurité sociale et des agences régionales de santé qui ont pour caractéristique commune de ne pas être élues démocratiquement par la population.
Or, au nom d’une rentabilisation de la médecine calquée sur le secteur privé,
> elles encouragent l’envol de la pratique des dépassements d’honoraires, qui détruisent le principe du remboursement normal et égalitaire dans le cadre de la médecine conventionnée;
> elles exigent des médecins et soignants de collaborer à la restriction de l’accessibilité aux soins, de prescrire le moins possible de médicaments remboursés, d’examens et d’arrêts de travail;
> tandis qu’elles ferment et éloignent toujours plus les hôpitaux publics, elles y imposent le travail à « flux tendu » d’un personnel qui doit essayer de compenser par son dévouement les brèches du suivi et de l’accompagnement humain des malades.
Nous refusons l’infantilisation des médecins et soignants, récompensés ou sanctionnés voire notés, mis en concurrence sur des objectifs de rentabilité décrétés «de bonne pratique médicale »
=> PROFONDÉMENT ATTACHÉS
_ au principe d’une médecine de qualité, égale pour tous, et d’une sécurité sociale solidaire ;
_ à la relation de confiance nécessaire à la qualité des soins, menacée par la mise en opposition de la santé des gens avec la prospérité économique des structures de soins et de protection sociale;
_ à la possibilité de soigner les personnes malades, en notre âme et conscience ;
NOUS DECLARONS VOULOIR RÉSISTER AUX CONSIGNES DE RESTRICTION DE L’ACCESSIBILITÉ AUX SOINS.
D
Médecins, chargés de soigner, dépister, prévenir les maladies de nos patients, nous ne pouvons pas rester indifférents devant l’accroissement des mesures qui tendent à restreindre l’accès aux soins remboursés et à privatiser la sécurité sociale,
=> NOUS REFUTONS LA CAMPAGNE IDEOLOGIQUE RECURRENTE :
_ NOUS REFUSONS que l’on déplore l’augmentation des coûts de santé dans l’un des pays les plus riches du Monde. C’est une marque de civilisation que les techniques médicales et chirurgicales progressent et soient accessibles à tous. Loin de s’en réjouir, les pouvoirs publics prennent prétexte de l’augmentation des dépenses de santé pour livrer aux assurances privées l’édifice de solidarité.
_ NOUS REFUTONS l’analyse selon laquelle le déficit de la Sécurité Sociale serait dû avant tout à un excédent de dépenses et non à un manque de ressources, qui, de notoriété publique, est lié à la baisse de la masse salariale - qui creuse les inégalités - et aux dettes impayées..
_ NOUS SOMMES SCANDALISÉS par la campagne idéologique de culpabilisation à l’égard des médecins et des malades, accusés de dépenser trop, de refuser de prendre des risques, d’être assoiffés de soins, d’examens coûteux, alors que les renoncements aux soins explosent.
_ NOUS SOMMES OPPOSES aux mesures dites de « responsabilisation » qui en découlent et qui augmentent ce que chacun doit payer individuellement pour se soigner
_ NOUS DENONÇONS le contrôle social de la population : La carte vitale permet des remboursements plus rapides mais sert à les individualiser et à les brouiller. Maintenant, la photo transforme les malades aux yeux des soignants en fraudeurs potentiels. Nous refusons ce dénigrement. Nous soignons des personnes dignes de respect, insérées dans une société productiviste et inégalitaire. Nous refusons que la carte vitale devienne un instrument de fichage médical de la population, inexorablement dangereux pour les libertés.
=> NOUS CONTESTONS LES POUVOIRS EXORBITANTS, L’AUTORITARISME des directions de la sécurité sociale et des agences régionales de santé qui ont pour caractéristique commune de ne pas être élues démocratiquement par la population.
Or, au nom d’une rentabilisation de la médecine calquée sur le secteur privé,
> elles encouragent l’envol de la pratique des dépassements d’honoraires, qui détruisent le principe du remboursement normal et égalitaire dans le cadre de la médecine conventionnée;
> elles exigent des médecins et soignants de collaborer à la restriction de l’accessibilité aux soins, de prescrire le moins possible de médicaments remboursés, d’examens et d’arrêts de travail;
> tandis qu’elles ferment et éloignent toujours plus les hôpitaux publics, elles y imposent le travail à « flux tendu » d’un personnel qui doit essayer de compenser par son dévouement les brèches du suivi et de l’accompagnement humain des malades.
Nous refusons l’infantilisation des médecins et soignants, récompensés ou sanctionnés voire notés, mis en concurrence sur des objectifs de rentabilité décrétés «de bonne pratique médicale »
=> PROFONDÉMENT ATTACHÉS
_ au principe d’une médecine de qualité, égale pour tous, et d’une sécurité sociale solidaire ;
_ à la relation de confiance nécessaire à la qualité des soins, menacée par la mise en opposition de la santé des gens avec la prospérité économique des structures de soins et de protection sociale;
_ à la possibilité de soigner les personnes malades, en notre âme et conscience ;
NOUS DECLARONS VOULOIR RÉSISTER AUX CONSIGNES DE RESTRICTION DE L’ACCESSIBILITÉ AUX SOINS.
Quand la justice des mineurs se déshumanise…. c’est l’ensemble de la société qui se déshumanise
Quand la justice des mineurs se déshumanise…. c’est l’ensemble de la société qui se déshumanise 20 avril 2011 Par Collectif des 39
Beau symbole que la rupture de ces chaînes, chaînes qui nous parlent aussi à la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), service public d’Etat qui depuis 1945 s’occupe des enfants et des adolescents faisant l’objet d’une ordonnance judiciaire, le plus souvent de juges des enfants. Car si certains l’ont oublié, nous avons toujours depuis 2008 un projet de loi sur le Code Pénal de Justice des Mineurs, suspendu mais non abrogé, où des « experts » avaient prévu, entre autre, de mettre des enfants de 10 ans en prison. Après il fut question de ceux de 12 ans, aujourd’hui c’est déjà dès 13 ans.
C’est aussi en 2008, avec la loi sur la rétention de sûreté, qu’a été créée « la perpétuité sur ordonnance ». Le ton était donné : pour la première fois dans notre droit des individus pourront être enfermés non pour des actes sanctionnés, mais pour anticiper ceux qu’ils n’ont pas commis, les menaçant d’un enfermement à vie, instrumentalisant la médecine dans une logique de surveillance et de séquestration. (cf. la pétition Non à la perpétuité sur ordonnance).
Il est vrai que lorsque la justice des mineurs se déshumanise, celle des majeurs en est toujours gravement affectée.
Or la justice des mineurs a été en partie démantelée depuis ces derniers mois. La PJJ est souvent en première ligne dans les médias, et se voit supprimer ses réponses diversifiées et pluridisciplinaires, patiemment construites avec d’autres au fil des années. Oublié alors que si l’adolescence nécessite du temps, elle est la promesse de demain.
Nous avons donc de nombreux points communs avec les services de psychiatrie, et de pédopsychiatrie. Déjà en 2007 nos services publics qui accueillent les plus fragiles, souvent les plus démunis, ont failli partager la même loi dite de « prévention de la délinquance ». Cette loi, tentaculaire, contenait une série de dispositions qui instaurait tout à la fois un contrôle et des mesures liberticides dans le secteur éducatif, scolaire, sanitaire et social, avec pour objectif d’écarter tout trouble à l’ordre public.
Si à l’époque la psychiatrie a « échappé » provisoirement, nous le savons aujourd’hui, à ces projets les plus répressifs, pour la PJJ cette loi a institué des dispositions où les enfants et adolescents ont commencé à être traités pénalement comme des adultes, attaquant ainsi gravement la spécificité de la justice des mineurs. Elle avançait déjà une idée récurrente, sur le dépistage précoce et prédictif des jeunes turbulents, confondant facteurs de risques et relation de causalité. Elle a contribué à faire perdre à nos institutions leur compétence dans le champ de la protection, acquise depuis 58, et à réduire leur intervention au domaine pénal, de plus en plus répressif, de plus en plus tourné vers l’enfermement et la contrainte.
Sous obligations dorénavant permanentes, y compris de soin, les adolescents et leur famille se doivent de devenir entièrement décryptables.
Ils devront même accepter par contraintes superposées de vivre paisiblement dans ce monde non dénué de violences sociales.
Or, il est démontré que lorsque les réponses de prévention, de protection, de soin s’amenuisent, comme vient de le dire Bénédicte, le champ pénal augmente quasi mécaniquement.
Ce que nous partageons donc c’est cette stigmatisation de ceux que nous accueillons, jeunes ou adultes, considérés comme des individus dangereux, porteurs de risque, qui se doivent d’incarner la peur pour justifier les discours et une politique résolument sécuritaires. C’est aussi cette recherche systématique de boucs émissaires chez les plus vulnérables, dans le même moment où l’on démantèle nos services publics, où l’on diminue les moyens humains avec les suppressions de postes, ceci au profit d’une gestion strictement comptable.
Dès lors la relation n’a plus le temps de se déployer, l’adhésion non plus, il faut faire vite et parer au plus pressé. Préserver des espaces de liberté et de parole où une écoute, une rencontre, un désir puisse émerger est déjà une notion très attaquée, et avec elle le lien aussi.
On dépiste, on diagnostique, on classifie, on légifère au premier fait divers, on réglemente, on méprise nos dispositifs d’éducation ou de soins, originaux et qui avaient fait leur preuve depuis des décennies, au profit de la seule contrainte. Ainsi, enfants, adolescents, patients, comme intervenants dans leur engagement professionnel, se retrouvent tous contraints, attaqués, voire menacés, ceci au vu de la récente actualité judiciaire.
Alors plus que jamais nous continuons à militer pour cet équilibre fragile entre la nécessité d’éducation, de soins et le respect des libertés individuelles (D. Zagury), qui est au cœur même de nos métiers et dont on cherche à dénaturer le sens.
A nous de résister et de les contraindre à notre tour d’abandonner ces lois stigmatisantes, excluantes et dangereuses.
Car quand la justice des mineurs, donc des majeurs, ou la psychiatrie, ou les prisons se déshumanisent et deviennent des lieux de relégation, nous assistons à une déshumanisation de l’ensemble de notre société. On aura alors consommé beaucoup d’énergie à oublier que la richesse de l’humain c’est précisément d’apprendre à penser et à créer, et non pas à plier pour des projets à courte vue aux effets nuisibles.
Lysia Edelstein, psychologue clinicienne à la PJJ
SNPES/PJJ/FSU
Beau symbole que la rupture de ces chaînes, chaînes qui nous parlent aussi à la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), service public d’Etat qui depuis 1945 s’occupe des enfants et des adolescents faisant l’objet d’une ordonnance judiciaire, le plus souvent de juges des enfants. Car si certains l’ont oublié, nous avons toujours depuis 2008 un projet de loi sur le Code Pénal de Justice des Mineurs, suspendu mais non abrogé, où des « experts » avaient prévu, entre autre, de mettre des enfants de 10 ans en prison. Après il fut question de ceux de 12 ans, aujourd’hui c’est déjà dès 13 ans.
C’est aussi en 2008, avec la loi sur la rétention de sûreté, qu’a été créée « la perpétuité sur ordonnance ». Le ton était donné : pour la première fois dans notre droit des individus pourront être enfermés non pour des actes sanctionnés, mais pour anticiper ceux qu’ils n’ont pas commis, les menaçant d’un enfermement à vie, instrumentalisant la médecine dans une logique de surveillance et de séquestration. (cf. la pétition Non à la perpétuité sur ordonnance).
Il est vrai que lorsque la justice des mineurs se déshumanise, celle des majeurs en est toujours gravement affectée.
Or la justice des mineurs a été en partie démantelée depuis ces derniers mois. La PJJ est souvent en première ligne dans les médias, et se voit supprimer ses réponses diversifiées et pluridisciplinaires, patiemment construites avec d’autres au fil des années. Oublié alors que si l’adolescence nécessite du temps, elle est la promesse de demain.
Nous avons donc de nombreux points communs avec les services de psychiatrie, et de pédopsychiatrie. Déjà en 2007 nos services publics qui accueillent les plus fragiles, souvent les plus démunis, ont failli partager la même loi dite de « prévention de la délinquance ». Cette loi, tentaculaire, contenait une série de dispositions qui instaurait tout à la fois un contrôle et des mesures liberticides dans le secteur éducatif, scolaire, sanitaire et social, avec pour objectif d’écarter tout trouble à l’ordre public.
Si à l’époque la psychiatrie a « échappé » provisoirement, nous le savons aujourd’hui, à ces projets les plus répressifs, pour la PJJ cette loi a institué des dispositions où les enfants et adolescents ont commencé à être traités pénalement comme des adultes, attaquant ainsi gravement la spécificité de la justice des mineurs. Elle avançait déjà une idée récurrente, sur le dépistage précoce et prédictif des jeunes turbulents, confondant facteurs de risques et relation de causalité. Elle a contribué à faire perdre à nos institutions leur compétence dans le champ de la protection, acquise depuis 58, et à réduire leur intervention au domaine pénal, de plus en plus répressif, de plus en plus tourné vers l’enfermement et la contrainte.
Sous obligations dorénavant permanentes, y compris de soin, les adolescents et leur famille se doivent de devenir entièrement décryptables.
Ils devront même accepter par contraintes superposées de vivre paisiblement dans ce monde non dénué de violences sociales.
Or, il est démontré que lorsque les réponses de prévention, de protection, de soin s’amenuisent, comme vient de le dire Bénédicte, le champ pénal augmente quasi mécaniquement.
Ce que nous partageons donc c’est cette stigmatisation de ceux que nous accueillons, jeunes ou adultes, considérés comme des individus dangereux, porteurs de risque, qui se doivent d’incarner la peur pour justifier les discours et une politique résolument sécuritaires. C’est aussi cette recherche systématique de boucs émissaires chez les plus vulnérables, dans le même moment où l’on démantèle nos services publics, où l’on diminue les moyens humains avec les suppressions de postes, ceci au profit d’une gestion strictement comptable.
Dès lors la relation n’a plus le temps de se déployer, l’adhésion non plus, il faut faire vite et parer au plus pressé. Préserver des espaces de liberté et de parole où une écoute, une rencontre, un désir puisse émerger est déjà une notion très attaquée, et avec elle le lien aussi.
On dépiste, on diagnostique, on classifie, on légifère au premier fait divers, on réglemente, on méprise nos dispositifs d’éducation ou de soins, originaux et qui avaient fait leur preuve depuis des décennies, au profit de la seule contrainte. Ainsi, enfants, adolescents, patients, comme intervenants dans leur engagement professionnel, se retrouvent tous contraints, attaqués, voire menacés, ceci au vu de la récente actualité judiciaire.
Alors plus que jamais nous continuons à militer pour cet équilibre fragile entre la nécessité d’éducation, de soins et le respect des libertés individuelles (D. Zagury), qui est au cœur même de nos métiers et dont on cherche à dénaturer le sens.
A nous de résister et de les contraindre à notre tour d’abandonner ces lois stigmatisantes, excluantes et dangereuses.
Car quand la justice des mineurs, donc des majeurs, ou la psychiatrie, ou les prisons se déshumanisent et deviennent des lieux de relégation, nous assistons à une déshumanisation de l’ensemble de notre société. On aura alors consommé beaucoup d’énergie à oublier que la richesse de l’humain c’est précisément d’apprendre à penser et à créer, et non pas à plier pour des projets à courte vue aux effets nuisibles.
Lysia Edelstein, psychologue clinicienne à la PJJ
SNPES/PJJ/FSU
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